Economie: Pourquoi la France ne va pas «s’en tirer»

Mathieu Bruckmüller

— 

François Fillon et Nicolas Sarkozy au palais de l'Elysée, le 27 juin 2011, à Paris.
François Fillon et Nicolas Sarkozy au palais de l'Elysée, le 27 juin 2011, à Paris. — P.WOJAZER / REUTERS

Des années de vaches maigres. En forçant le trait, c’est ce qui attend l’économie française dans les années qui viennent.

Depuis le milieu des années 90, la demande avait été artificiellement soutenue par la progression de l’endettement des ménages et des entreprises et par les déficits publics, constatent les économistes de Natixis dans une note.

Or, aujourd’hui, cette stimulation n’est plus possible. Le secteur privé se désendette, les déficits publics doivent être épongés sous la pression des marchés. Cerise sur le gâteau: la crise vient renchérir les coûts de financement de l’économie.

«Si on ne peut pas stimuler la demande par les politiques économiques ou par des coûts artificiellement bas de financement, les pays qui conserveront de la croissance sont ceux où elle peut spontanément venir de l’économie, c'est-à-dire ceux où la situation des entreprises permet la hausse des salaires réels et de l’investissement et ceux où les exportations vers les pays en croissance forte sont de grande taille», souligne Natixis. Problème: la France ne remplit pas ces critères.

Mais quand on se compare, on se console. Nos voisins anglais, italien et espagnol ne vont pas s’en tirer non plus. En revanche, le Canada, l’Allemagne, la Suède et le Japon si. Seuls les Etats-Unis et les Pays-Bas sont «dans une situation intermédiaire», selon Natixis.