Italie: Le plan d'austérité devant le Sénat

Avec Reuters

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Le président du conseil italien Silvio Berlusconi passe ce mercredi soir l'épreuve d'un vote de confiance au Sénat, dans la foulée des derniers changements en date apportés au plan d'austérité destiné à éloigner le spectre d'un abaissement de la note de l'Italie.

Tard mardi soir, le gouvernement italien a revu son programme d'austérité, jugé jusque-là insuffisant notamment par la Banque centrale européenne (BCE), en y intégrant un relèvement de la TVA de 20 à 21%, un report de l'âge légal du départ à la retraite pour les femmes travaillant dans le privé et la création d'une taxe spéciale de 3% sur les très hauts revenus (les contribuables gagnant plus de 300.000 euros par an).

Le gouvernement a engagé sur ce projet un vote de confiance au Sénat. Si le vote de la chambre haute, prévu vers 20h00, est positif pour le gouvernement, le projet sera alors soumis dans les jours suivants à la Chambre des députés pour son adoption définitive.

Les atermoiements qui ont présidé à l'élaboration de ce projet de rigueur ont accentué la pression politique sur Silvio Berlusconi, critiqué par ses partenaires européens, les syndicats, le patronat italien et jusqu'au président de la République, Giorgio Napolitano, qui, fait rare, s'est invité dans le débat en début de semaine.

Troisième puissance économique de la zone euro

Illustration supplémentaire de l'affaiblissement du «Cavaliere», Beppe Pisanu, ancien ministre de l'Intérieur et cadre du parti Peuple de la liberté (PDL), la formation de Berlusconi, a estimé que le président du conseil devrait s'effacer et faire place à un gouvernement d'unité nationale.

«Un pacte entre tous les parlementaires de bonne volonté allant jusqu'au terme de la législature (est nécessaire) pour sauver le pays et le remettre en marche», déclare Pisanu dans les colonnes de La Repubblica.

Son appel à une alliance de tous les partis transalpins a d'autant plus de poids que Pisanu accompagne Berlusconi de très longue date: il a participé à la fondation de Forza Italia, le premier parti créé par le chef du gouvernement au début de sa carrière politique.

Crise déclenchée durant l'été

Berlusconi refuse d'entendre parler d'une éventuelle démission. Et son ministre de la Défense, Ignazio La Russa, a vivement réagi aux propos de Pisanu: «Les gouvernments, a-t-il dit, sont désignés par les électeurs, on ne les forme pas dans une arrière-cuisine»

L'Italie, troisième puissance économique de la zone euro, a été rattrapée cet été par la crise de la dette lorsque les marchés se sont mis douter de sa capacité à réduire son endettement, actuellement de 1.900 milliards d'euros.

Le relèvement du taux de la TVA de 20 à 21% devrait, selon le chiffrage du ministère des Finances, rapporter 700 millions d'euros de recettes supplémentaires d'ici la fin de l'année et 4,2 milliards en 2013.