Italie: premier feu vert attendu au Sénat sur le plan d'austérité

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Les sénateurs italiens doivent donner mercredi soir un premier feu vert au plan d'austérité du gouvernement Berlusconi, renforcé mardi à la dernière minute pour rassurer les marchés après moult tergiversations.

Le vote de confiance, auquel le gouvernement a décidé de recourir pour accélérer l'adoption de ce plan, est prévu vers 18H00 GMT. Son résultat est pratiquement assuré, étant donné la confortable majorité dont disposent le parti de M. Berlusconi PDL et son allié Ligue du nord.

Les députés devront ensuite entériner définitivement ces mesures. La date n'a pas encore été fixée mais leur vote pourrait intervenir avant la fin de la semaine.

Après des semaines de tergiversations pour tenter de contenter tous les pans d'une majorité affaiblie, le gouvernement a renforcé mardi ce plan annoncé en urgence en août en échange du soutien de la Banque Centrale Européenne, après l'adoption en juillet d'un premier plan jugé insuffisant.

Nouvelle mesure phare, la TVA augmentera d'un point à 21%, ce qui garantira environ 4 milliards de recettes annuelles dans le but de rassurer les marchés qui s'inquiétaient du poids accordé à la lutte contre l'évasion fiscale, aux résultats difficiles à estimer.

Volte-face: une taxe sur les plus riches abandonnée tout récemment a été finalement réintroduite mais sera beaucoup moins large que la précédente, retirée sous la pression du Cavaliere, troisième fortune d'Italie.

Fixée à 3%, elle ne concernera que les revenus supérieurs à 300.000 euros par an, et non 500.000 euros comme indiqué mardi dans un premier temps, alors que la précédente version touchait les revenus de plus de 90.000 euros.

L'âge de départ en retraite des femmes dans le privé, actuellement fixé à 60 ans, sera en outre aligné sur celui des hommes (65 ans), à partir de 2014 et non de 2016.

Avec ces mesures, le montant du plan, qui doit permettre à l'Italie de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire son énorme dette (120% du PIB), grimpe à 54,2 milliards, selon la presse, contre 45,5 initialement.

Bruxelles a salué l'adoption de ces mesures qui "confirment la détermination des autorités" italiennes à assainir les finances publiques.

Et sur les marchés, les taux obligataires italiens se détendaient mercredi tandis que la Bourse de Milan rebondissait comme les autres places européennes et prenait plus de 3% après trois séances de dégringolade.

Selon Fabio Fois, économiste de Barclays Capital, si ces mesures ont renforcé "l'efficacité et la crédibilité" du plan, le pays a toutefois "toujours besoin de réformes structurelles".

Un constat partagé par l'organisation patronale Confindustria qui a appelé à "adopter les mesures indispensables pour la croissance".

De son côté, la presse clouait au pilori le manque de crédibilité et l'indécision du gouvernement.

"Mettez un point final!", a lancé le Corriere della Sera, dénonçant un "gouvernement affaibli par les tensions internes et le temps perdu".

"Le voyage aventureux du plan d'austérité de début juillet à aujourd'hui a mis impitoyablement en lumière un déficit politique et décisionnel qui a peu de précédents", a renchéri le quotidien économique Il Sole 24 Ore.

Défendant l'action du gouvernement qui a "fait son devoir", le ministre des Affaires Etrangères, Franco Frattini, a au contraire mis en avant "la rapidité et le sérieux" de ce plan de rigueur.

Mais sur le front social, la grogne s'amplifiait. Après les manifestations de mardi à l'appel du principal syndicat, la CGIL, les deux autres centrales, Uil et Cisl, peu virulentes en général contre le gouvernement, ont rejeté avec force l'augmentation de la TVA qu'ils jugent injuste socialement.