Chômage: Bertrand relance l'idée des droits rechargeables

SOCIAL Le ministre du Travail se dit prêt à discuter avec les syndicats de cette modalité qui permettrait à un chômeur de conserver des droits à l'indemnisation non utilisés en cas de reprise du travail...

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Xavier Bertrand lors d'un déplacement à Luneville, le 12 mai 2011.
Xavier Bertrand lors d'un déplacement à Luneville, le 12 mai 2011. — POL EMILE/SIPA

Xavier Bertrand, ministre du Travail, a affirmé dimanche qu'il souhaitait discuter avec les syndicats, qu'il va recevoir à partir du 13 septembre, de la possibilité pour les chômeurs de maintenir des droits à indemnisation non utilisés en cas de reprise du travail.

«Le vrai problème, c'est que notre système d'indemnisation n'encourage pas forcément le retour à l'emploi», a déclaré le ministre lors du Grand Rendez-Vous Europe 1/Aujourd'hui en France-Le Parisien/iTélé. «Je souhaite mettre à l'ordre du jour avec les partenaires sociaux, que je vais recevoir individuellement à partir du 13 (...) un sujet que la CFDT a mis en avant et qui est celui des droits rechargeables» des chômeurs, a-t-il déclaré évoquant par ailleurs le taux de chômage de la France.

«Aujourd'hui, il faut travailler quatre mois pour être indemnisé, mais si vous reprenez un emploi pour deux mois, ça s'arrête», a expliqué Xavier Bertrand. «La tentation peut être d'aller au bout de son chômage indemnisé avant de reprendre un emploi», a-t-il ajouté. «Ce que je propose, c'est un compte avec des droits à indemnisation qui, même si on reprend une activité de courte durée, soient préservés», a déclaré le ministre en disant vouloir «en finir avec tout ce qui éloigne de la reprise d'activité».

«Ne pas confondre les rémunérations extravagantes et la situation de cadres»

Interrogé sur la polémique suscitée par les déclarations de Bruno Le Maire, en charge du programme de l'UMP pour 2012 et favorable à une baisse des indemnisations chômage les plus élevées, Xavier Bertrand a répondu que la priorité dans la lutte contre le chômage était autre: «il faut mettre davantage l'accent sur le retour à l'emploi et sur la formation plutôt que sur la seule question de l'indemnisation». Selon lui, «il ne faut pas confondre les hautes rémunérations extravagantes et la situation de cadres».

Au sujet du plafond de 6.600 euros bruts, touché par un millier de cadres au chômage, le ministre a fait valoir que les cadres «cotisent également, et s'ils cotisent il y a la prestation».

Enfin, sur la question des chômeurs arrivant à 60 ans en fin de droits et qui ne vont pas pouvoir toucher de pension immédiatement du fait de la réforme des retraites, Xavier Bertrand a assuré vouloir agir. «Nous allons dessiner avec les syndicats des solutions pour ces personnes», a-t-il dit.