Bruxelles va proposer des obligations européennes pour financer des projets

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La Commission européenne va proposer des emprunts européens "orientés vers des projets", a annoncé mercredi le commissaire chargé des marchés financiers Michel Barnier à la radio française BFM.

Le commissaire français a d'abord estimé que l'idée de mutualiser les dettes des pays européens en créant des euro-obligations, défendue par certains mais repoussée par Paris et Berlin, était "une bonne idée". Mais "ce n'est pas forcément le moment", a-t-il aussitôt ajouté.

"La Commission européenne va faire une proposition non pas d'euro-bonds mais de +project bonds+, c'est-à-dire d'obligations orientées vers des projets, vers des investissements", a-t-il déclaré.

Michel Barnier a cité en exemple le "grand emprunt" lancé l'an dernier par la France, "orienté vers la recherche, l'université, l'intelligence, tout ce qui peut augmenter la compétitivité du pays et de l'Europe".

Michel Barnier n'a pas donné sur BFM de détails sur le calendrier de la proposition que compte faire la Commission.

Une consultation sur les modalités de ces futurs emprunts européens avait été lancée en février par l'Union européenne.

L'idée de la Commission européenne était d'émettre, à partir de 2014, des emprunts spécifiques pour financer de grands projets d'infrastructures. Selon Bruxelles, des investissements de 1.500 à 2.000 milliards d'euros sont nécessaires d'ici 2020 pour des réseaux de transports transeuropéens ainsi que de grandes infrastructures dans le secteur des transports ou des télécommunications.

Concrètement, ces "project bonds" pourraient bénéficier d'un soutien de l'UE, prenant la forme de garanties ou de prêts octroyés par la Banque européenne d'investissement (BEI) ou le budget de l'UE.

Ce partage des risques doit permettre théoriquement de lever des fonds sur le marché à des conditions plus intéressantes.

Selon le document de travail publié en février, l'UE ne lèverait toutefois pas directement de l'argent sur le marché.

Cela différencie donc ce projet de celui d'euro-obligations, ou euro-bonds, remis au goût du jour par plusieurs pays après les dernières secousses de la crise de la dette au cours de l'été. Des euro-bonds permettraient de mutualiser la dette des pays de la zone euro, apportant aux plus fragiles la garantie des plus solides.

Mais l'Allemagne, suivie par la France, ont une nouvelle fois repoussé cette solution, prônée par de nombreux économistes et analystes financiers, lors du sommet mi-août du président Nicolas Sarkozy et de la chancelière Angela Merkel.