Didier Roman: «Les entreprises du CAC 40 devraient réaliser des profits records en 2011»

INTERVIEW La grande majorité des entreprises du CAC 40 ont annoncé leurs résultats semestriels. Et malgré la tempête boursière, ils sont bons. Analyse avec Didier Roman, gérant chez Tocqueville Finance...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller
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Didier Roman, gérant chez Tocqueville Finance
Didier Roman, gérant chez Tocqueville Finance — D.R.

Comment analysez-vous les résultats semestriels des entreprises du CAC 40?

Les résultats du premier semestre sont globalement conformes aux attentes. Le deuxième trimestre a été un peu moins dynamique que le premier qui était porté par une météo très favorable poussant ainsi à la consommation. Les événements au Japon et le printemps arabe n’ont pas aidé.

La plus grosse déception vient de Véolia, le seul groupe à avoir annoncé une perte nette de plus de 60 millions d’euros. Les résultats de la Société Générale ont eux aussi déçu.

Bémol aussi pour Carrefour qui doit dévoiler ses résultats la semaine prochaine. Le groupe est sous pression après une série d’avertissements et l'échec du projet de fusion de ses activités au Brésil. Les craintes sur la santé de l’économie ne vont rien arranger.

Malgré tout, la masse des profits des entreprises du CAC devrait encore croître cette année. Après le cru record de 2010 avec 82,3 milliards d’euros de bénéfices, elles pourraient voir leur profit grimper de 4 et 7%  cette année. 

Alors, comment expliquer la forte baisse des titres cet été?

Les entreprises ont commencé à dévoiler leurs résultats la dernière semaine de juillet. Ils ont été parasités par la crise de la dette de part et d’autre de l’Atlantique. D’un côté, le nouveau plan de sauvetage de la Grèce et de l’autre le psychodrame autour du relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis. Les marchés ont très peur car dans le cas de l’Europe, les pays annoncent les uns après les autres des plans d’austérité dont on ne sait pas encore quels impacts ils auront sur la croissance. Et quand les marchés ont peur, ceux-ci vendent des actions pour se réfugier sur les obligations d’Etat et l’or. Ils recherchent la sécurité maximale. C’est un raisonnement par l’absurde.

Le CAC 40 a perdu près de 20% depuis le début de l’année, un rebond est-il possible?

La volatilité est extrême depuis deux ans sur les marchés. Il faut s’attendre à des mouvements très violents d’ici la fin de l’année. Les investisseurs sont balancés entre optimisme et pessimisme excessif. Le mouvement de yo-yo pourrait bien se poursuivre. L’accalmie ne peut venir sans une réponse politique forte. Il faut sortir de la spirale de l’endettement. Problème, les élections en Europe puis aux Etats Unis se dressent devant nous en 2012. Il va être difficile dans l’intervalle pour les gouvernements de prendre les mesures qui s’imposent.