Croissance, déficit: l'Allemagne envoie des signaux rassurants

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L'Allemagne s'est employée lundi à rassurer face aux craintes sur la conjoncture mondiale, en révisant à la baisse sa prévision de déficit public et en balayant les inquiétudes sur une éventuelle récession.

Le ministère allemand des Finances a revu à la baisse sa prévision de déficit public, à 1,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2011.

Le 13 avril, Berlin tablait encore sur un déficit public (qui comprend les comptes fédéraux, des Etats régionaux et des communes) de 2,5% du PIB.

Des déficits publics à 3,3%

En 2010, les déficits publics étaient de 3,3%, c'est-à-dire supérieurs à la limite fixée au niveau européen, qui est de 3%.

«Le développement positif de cette année va se poursuivre jusqu'en 2015, ce qui permettra d'avoir des comptes équilibrés en 2014», écrit le ministère dans un rapport mis en ligne lundi sur son site internet.

Si cette annonce apporte de l'eau au moulin de l'Allemagne, qui a endossé le rôle de chantre de la rigueur budgétaire en Europe, le pays n'est pas exemplaire sur tous les points.

La dette publique dépasse encore la limite de 60% du PIB

Le montant de sa dette publique continue ainsi à dépasser la limite de 60% du PIB fixée dans le Pacte de stabilité liant, en théorie, tous les Etats membres de la zone euro.

La dette publique «va baisser d'ici à la fin de cette année à 80% du PIB et s'établir ainsi à environ trois points de pourcentage de moins que l'année précédente», écrit le ministère dans ce rapport. Il table sur une dette publique à environ 71% du PIB en 2015. En 2010, la dette publique était à 83,2% du PIB.

Pas de signes de récession en Allemagne

Par ailleurs le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, interrogé par la radio Deutschlandfunk, a assuré qu'il n'y avait «pas de signes de récession en Allemagne», malgré les inquiétudes suscitées par un deuxième trimestre poussif.

«En Allemagne, comme dans le reste de l'Europe, le deuxième trimestre a été moins bon qu'attendu», a reconnu M. Schäuble, tout en assurant qu'il n'y avait «pas de raison de s'inquiéter» et que le pays atteindrait une croissance de 3% de son Produit intérieur brut (PIB) en 2011.

La croissance allemande a connu au deuxième trimestre un coup de frein bien plus brutal que prévu, le produit intérieur brut allemand (PIB) n'augmentant que de 0,1% par rapport au premier trimestre, selon les chiffres communiqués mardi par l'Office des statistiques (Destatis).

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a elle ralenti à 0,2% au deuxième trimestre, après 0,8% au premier, selon des données publiées par l'office européen des statistiques Eurostat.

Ces annonces avaient fortement pesé sur la Bourse de Francfort la semaine dernière, alors que les inquiétudes concernant un ralentissement de la croissance mondiale s'amplifient.