Crise de la dette: Et si la réunion d'urgence à l'Elysée avait affolé les Bourses?

ÉCONOMIE e «Financial Times» se penche sur la crise de la dette en France...

Maud Pierron

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François Baroin, le ministre de l'Economie, et Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, rendent compte de la réunion de travail qui s'est tenue à l'Elysée le mercredi 10 août.
François Baroin, le ministre de l'Economie, et Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, rendent compte de la réunion de travail qui s'est tenue à l'Elysée le mercredi 10 août. — MUGUET / REUTERS

Irrationnelle. C’est ainsi que la plupart des experts ont qualifié la dégradation brutale mercredi du cours de la Société générale en particulier, et des banques françaises en général. Il est désormais avéré que des rumeurs ont contribué à cette chute, notamment après la publication d’un article du DailyMail qui, se fondant sur la fiction d’été du journal Le Monde, a annoncé que la SocGen était au bord de la faillite… avant de reconnaître mercredi que l’article était faux.

Mais ce seul fait ne peut expliquer  l’incroyable chute de la banque française. Le Financial Times, bible des milieux financiers, avance une autre piste dans son édition de jeudi. La réunion d’urgence mercredi midi à l’Elysée sous l’égide de Nicolas Sarkozy, initialement organisée pour rassurer les marchés, pourrait avoir eu l’effet inverse alors que des rumeurs planaient sur la dégradation de la note de la France. La réunion devait montrer que la France est toujours aussi déterminée à réduire ses déficits , en tenant les objectifs de 5,7% du PIB en 2011 et de 4,6% en 2012.

«La réunion peut avoir ajouté de l'huile sur le feu»

«La convocation inattendue de ministres de haut rang peut avoir contribué à alimenter les inquiétudes sur la stabilité de la notation française et le secteur bancaire, même si les fonctionnaires assuraient que ce n’était rien d’autre qu’une réunion de travail», écrit le FT. Et de citer un haut responsable gouvernemental français: «La réunion peut avoir ajouté de l'huile sur le feu».

«Le chef de l'État a rappelé que les engagements de réduction du déficit des comptes publics sont intangibles et seront tenus quelle que soit l'évolution de la situation économique», insiste un communiqué de l’Elysée à l’issue de la réunion, ajoutant que le ministre de l’Economie François Baroin et la ministre du Budget Valérie Pécresse avaient une semaine pour «faire des propositions» pour tenir les objectifs. Des conclusions fermes, qui ont pu être interprétées comme un signe de la gravité de la situation économique de la France, au moment même où les rumeurs  - démenties par toutes les agences de notation - sur une éventuelle dégradation de sa note enflammaient les marchés.

Une donnée à prendre en compte avant la rencontre Sarkozy-Merkel mardi à Paris? La chancelière allemande et le président français doivent faire des «propositions communes sur la réforme de la gouvernance de la zone euro avant la fin de l'été».