En vacances, les cadres ont du mal à décrocher

TRAVAIL Trop connectés, ils n'arrivent pas à oublier le bureau...

Mathieu Bruckmüller

— 

Illustration d'une application pour smartphone
Illustration d'une application pour smartphone — NICOLAS EUGENIE/ISOPIX/SIPA

Congé ne rime pas avec farniente pour bien des cols blancs, d’après une étude du site de recrutement Experteer.

37% emportent leur ordinateur pro.

Si 80% d’entre eux vont prendre au moins deux semaines «off» durant la saison estivale, 37% emportent leur ordinateur portable professionnel. 42% emmènent même leur smartphone pour contacter un collègue en cas d’urgence. Signe qu’il est parfois bien difficile de lâcher prise, 48% des personnes interrogées préfèrent être tenues au courant de ce qui se passe au bureau pendant leur absence. 62% vont jusqu’à consulter leur boîte e-mail pro au moins tous les deux jours.

 Les vacances sont plus sacrées pour les femmes

Mais les femmes sont plus enclines à faire de la résistance que les hommes. Seuls 46% d’entre eux ont pu mettre leur travail de côté durant leurs dernières vacances contre 56% des femmes. Et si chez ces dernières, 49% se disent prêtes à être contactées pour le travail pendant leurs congés, ce chiffre grimpe à 60% chez leurs homologues masculins.

Pas de doute, la frontière entre vie professionnelle et vie privée est de plus en plus ténue. En février dernier, un sondage mené par Opinonway révélait que sept cadres sur dix bénéficiaient d’outils de connexion à distance. Conséquence: 73% disaient travailler hors de leur bureau. La moitié d'entre eux se connectaient pendant leur week-end, 38% pendant leur RTT, 24% durant leurs trajets et 26% pendant leur arrêt maladie.

Aux Etats-Unis, les salariés se mobilisent

Mais aux États-Unis, certains salariés se mobilisent afin d’obtenir la rémunération des heures consacrées à répondre aux messages reçus via leur Smartphone fourni par leur employeur, en dehors de leur temps de travail. Des juristes américains conseillent aux entreprises de ne fournir ces téléphones qu’aux salariés qui en ont vraiment besoin. Pour éviter toute contestation, ils recommandent aussi la mise en place d’un décompte des heures passées à répondre aux appels, mails et de les rémunérer en heures supplémentaires.

Une situation très éloignée de la réalité française. Jusqu’ici, les magistrats ont toujours refusé que des salariés réclament à leur employeur une rémunération pour le temps passé à répondre aux mails en dehors du temps de travail. A chaque fois,  ils auraient répondu de leur propre initiative en dehors des heures de travail. Aucune demande de l’employeur n’allant dans ce sens.