François Chaulet: «Il est trop tard pour vendre ses actions»

INTERVIEW Le CAC 40 a clôturé en repli au cours des neuf dernières séances. Rien ne semble pouvoir arrêter la tempête boursière. Est-il temps de vendre ses actions? Eclairage avec François Chaulet, associé-directeur de Montségur Finance...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller

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François Chaulet, associé-directeur de Montségur Finance.
François Chaulet, associé-directeur de Montségur Finance. — F. Chaulet

Les marchés sont-ils irrationnels?

Oui, certainement. Il y a un phénomène actuellement d’amplification de toutes les inquiétudes. Inquiétude sur le niveau de la croissance américaine et inquiétude sur la capacité des membres de la zone euro à mettre sur pieds l'accord sur le sauvetage de la Grèce. En effet, il doit encore être entériné par l'ensemble des parlements des Etats de la zone euro pour entrer en vigueur. Dans ce contexte, le Fonds européen  de stabilité financière ne pourra pas racheter de la dette publique déjà émise d’Etat en difficulté avant plusieurs mois.

Dans le contexte actuel, faut-il vendre ses actions avant que la baisse ne se poursuive?

Il est clairement trop tard pour vendre. Il faut attendre un rebond qui ne devrait pas tarder.  Aujourd’hui, après avoir fortement chuté à l’ouverture, le CAC 40 se ressaisit. Il semble avoir trouvé un support. Nous sommes presque en territoire positif. Les places financières doivent retrouver leurs esprits et le week-end ne sera pas de trop.

De toute façon, les actions sont une classe d’actifs délaissée. Depuis 2008, les petits investisseurs se sont massivement retirés de la Bourse. Ils ont plutôt décidé d’investir dans l’immobilier, l’assurance-vie ou le Livret A.

Est-ce le moment pour acheter de nouvelles actions?

Oui, si vous avez le cœur bien accroché. De nombreuses valeurs ont été bradées. N’oubliez pas qu’au premier semestre de cette année, les entreprises ont fait quasiment autant de profits que sur l’ensemble de l’année 2008. Elles sont très profitables et sont à la différence des Etats peu endettées. Nous sommes face à une crise de la dette et non à une crise des entreprises.