Les Bourses européennes plongent à des niveaux historiques

FINANCES L'action de la Banque centrale européenne ne les rassure pas...

E.M. avec Reuters

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Trader à la Bourse de Francfort
Trader à la Bourse de Francfort — R. ORLOWSKY / REUTERS

Les Bourses européennes s'enfoncent les unes après les autres sur fond de ralentissement de la croissance mondiale. Et les propos jeudi du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, n'onu pas réussi à apaiser les inquiétudes.

Chute libre

Depuis le début de la semaine, les marchés d'actions européens ont perdu environ 290 milliards d'euros de leur valeur, soit deux tiers des 440 milliards dévolus au Fonds européen de stabilité financière (FESF), sous le coup des craintes de rechute de l'économie et de la persistance de la crise de la dette souveraine en Europe.

Le CAC 40 a clôturé en chute de 3,9% à 3.320,35 points, après être tombé à 3.315,34 points auparavant, son plus bas niveau depuis le 25 mai 2010, jour où l'indice phare de la place parisienne avait inscrit son plus bas de l'année dernière, à 3.287,57 points.

Les Bourses de Londres  et Francfort ont toutes les deux perdu 3,4%, tandis que l'indice paneuropéen Eurostoxx 50 est tombé à son plus bas niveau depuis juillet 2009.

Du côté des pays fragiles de la zone euro, la situation est encore plus dramatique: la Bourse d'Athènes (-1,35%) a retrouvé ses niveaux d'il y a 14 ans et la place de Lisbonne (-3,26%) ceux d'avril 2009.

Plus bas historiques

La dernière heure de cotation sur les marchés européens a été perturbée par le sixième incident technique en trois mois subi par NYSE Euronext, qui a occasionné la suspension de la diffusion des indices Euronext entre 16h28 et 17h21.

«Le CAC 40 pourrait désormais tomber vers son prochain support technique, à 3.300 points, et ensuite aller voir du côté du plus bas de l'année 2010», prévient Alexandre Le Drogoff analyste technique chez Aurel-BGC.

Du côté des métaux, l'once d'or a touché de son côté un nouveau plus historique à 1.677,90 dollars. L'euro cède quant à lui 1,42% face au billet vert, à 1,4139 dollar

Dans sa conférence de presse à l'issue de la réunion mensuelle du conseil des gouverneurs de la BCE, Jean-Claude Trichet a implicitement confirmé la reprise des interventions sur le marché, et a souligné que les anticipations d'inflation dans la zone euro devaient rester fermement ancrées.

Inflation

Il y a deux points importants dans le discours de Jean-Claude Trichet qui sont assez contradictoires: la volonté de maîtriser l'inflation, ce qui signifie à terme un nouveau relèvement des taux; et l'injection de possibles liquidités à travers le rachat d'obligations», indique Alexandre Baradez, analyste marchés chez Saxo Banque.

Si la partie du discours de Jean-Claude Trichet sur les rachats d'obligations était attendue par le marché, le discours sur l'inflation n'est pas nécessairement ce qui est le plus approprié dans le contexte actuel, explique Alexandre Baradez.

«L'inflation ronge la dette et une hausse des taux ne serait pas très adaptée alors que leur niveau est déjà élevé en Europe. On voit d'ailleurs que l'on ne se pose pas cette question aux Etats-Unis», souligne-t-il.