Dette américaine: Une baisse de la note des Etats-Unis pourrait passer (presque) inaperçue

ECONOMIE Les marchés s'inquiètent surtout de la faiblesse de l'économie américaine...

Elsa Meyer avec Reuters

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Barack Obama à la Maison blanche (Washington) le 31 juillet 2011.
Barack Obama à la Maison blanche (Washington) le 31 juillet 2011. — Chip Somodevilla/NEWSCOM/SIPA

Les inquiétudes autour de la dette américaine perdurent malgré l’accord trouvé pour relever le plafond de  la dette.

Car les États-Unis pourraient perdre leur note de crédit triple «A» auprès d'au moins une agence de notation cette année, Standards & Poor’s. Mais cette décision pourrait s’avérer beaucoup moins grave que prévu.

Dégradation de la note

Une dégradation de la note est présentée depuis des mois comme un cataclysme par les responsables politiques et monétaires. Elle pourrait cependant passer presque inaperçue dans les salles de marchés.

Les tractations entre démocrates et républicains pour relever le plafond de la dette durent depuis des semaines. Les investisseurs ont donc eu tout le temps nécessaire pour prendre en compte les tergiversations de Standard & Poor's, Moody's et Fitch sur un possible abaissement de la note américaine.

«Les intervenants du marché disposent des mêmes informations que les agences de notation», rappelle Michael Moran, chef économiste chez Daiwa Securities America à New York.

Baisse de la note du Japon

Et l'histoire a montré qu'une dégradation ne susciterait sur le marché obligataire aucun des remous que certains redoutent tant. Le Japon a perdu son triple «A» il y a plus d'une décennie et bénéficie toujours des taux d'intérêt les plus faibles des économies développées.

Pour les investisseurs, la situation des États-Unis n'a ainsi rien à voir avec celle de la Grèce par exemple. Aussi endetté soit-il, le pays est toujours en mesure de payer ses factures. Et les obligations du Trésor américain bénéficient toujours d'une demande et d'une liquidité solides.                 

Comme cela fut le cas pour le Japon, le problème majeur pour les marchés n’est pas la note des Etats-Unis mais la faiblesse de l'économie américaine.

Croissance

Les nouvelles coupes budgétaires décidées dans le cadre de cet accord risquent ainsi de restreindre la consommation, les créations d'emploi et l'inflation.

«Vu les commentaires qu'a fait» l’agence «jusqu'à présent (...) il est très probable qu'on assiste à une dégradation», estime Oliver Pursche, président de Gary Goldberg Financial Services, près de New York.

Mais une baisse de la note clairement communiquée aurait bien moins d'importance que les données signalant une économie américaine quasi atone comme le ralentissement inattendu de l'activité manufacturière en juillet, à son rythme le plus faible en deux ans.                                    

Pour David Rosenberg, chef économiste chez Gluskin Sheff, les réductions de dépenses fédérales pourraient en revanche mener le pays vers «une très profonde récession».