Le tsunami japonais coûte toujours très cher aux entreprises françaises

ECONOMIE Quatre mois après le tsunami et la catastrophe de Fukushima, l'heure des comptes a sonné pour les fleurons du capitalisme hexagonal. A la clé, des centaines de millions d’euros de perte...

M.B.

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Banri Kaieda, le ministre japonais du commerce le 19 juillet à Tokyo
Banri Kaieda, le ministre japonais du commerce le 19 juillet à Tokyo — K/K. HOON / REUTERS

La saison des résultats bat son plein. Et à des degrés divers, les comptes de plusieurs grands  groupes ont souffert de leur exposition au Japon.

200 millions d’euros  d’annulation de contrats pour Areva

La note la plus salée est pour Areva. L’accident nucléaire lui a coûté plus de 191 millions d’euros en annulation de contrats. Mais il ne sait toujours pas à combien va s’élever la facture sur le long terme, a concédé Luc Oursel  qui vient de remplacer Anne Lauvergeon à la tête  du groupe.

Plusieurs pays comme l’Allemagne, la Suisse ont déjà décidé de sortir progressivement du nucléaire. A l’occasion de la présentation de ses résultats du premier semestre, Areva a estimé que le parc nucléaire mondial devrait croître en moyenne de 2% par an d'ici à 2030 pour atteindre 584 gigawatts (GW), contre 378 GW en 2010. En 2009, il tablait sur 659 GW de capacités installées à l'horizon 2030.

Ardoise de 150 millions d’euros pour PSA et Renault

De leur côté, les constructeurs automobiles ne sont guère mieux lotis. PSA Peugeot-Citroën et Renault ont tous les deux annoncé que le tremblement de terre s’était soldé au premier trimestre par une ardoise d’environ 150 millions d’euros en raison de pénuries de composants. Une somme qui devrait encore s’alourdir. La marque au losange s’attend à 50 millions d’euros de pertes supplémentaires et PSA table sur le double au second semestre.

Au-delà des aléas japonais, les deux groupes souffrent aussi beaucoup du renchérissement des prix des matières premières. Dans le cas de Renault, l’impact négatif s’élève à 600 millions d’euros sur l’année.

Air France affecté

Dans une moindre mesure, Air France a aussi été pénalisé par la situation nippone. Elle explique en partie sa perte de 197 millions d'euros au premier trimestre décalé de son exercice 2011. «Compte tenu de la situation au Japon, en Afrique et au Moyen-Orient et de la crise de la zone euro» et des prix du pétrole qui restent élevés, le groupe franco-néerlandais va d’ailleurs réduire de 2,4 points la croissance des capacités de ses long-courriers cet hiver.

De façon plus marginale, LVMH a aussi ressenti l’impact de la crise japonaise. Toutes les régions du monde où est présent le groupe de luxe ont connu des rythmes de croissance élevés de leur chiffre d’affaires sauf au pays du soleil levant avec un recul en yen de 6%. Un faux pas qui ne prête pas trop à conséquence. Sur les six premiers mois de l’année, l’empire de Bernard Arnault a dégagé un profit net de 1,3 milliard d’euros. Un bond de 25 %.