TGV Le Mans-Rennes: RFF et Eiffage ont signé le contrat pour la construction

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Rennes à moins de 1h30 de Paris début 2017, le projet de ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de Loire (BPL) de 3,3 milliards d'euros a franchi une étape majeure jeudi avec la signature du contrat de partenariat entre Réseau ferré de France (RFF) et le groupe de BTP Eiffage. «C'est un méga projet», a déclaré Pierre Berger, directeur général d'Eiffage, lors d'un point presse avant la signature. «Pour Eiffage, c'est un jour historique» puisqu'il s'agit du plus gros contrat depuis sa création en 1844.

Le patron de RFF, Hubert du Mesnil, a précisé que la LGV devrait générer 2 millions de voyages supplémentaires par an. Le projet prévoit la construction de 214 km de ligne nouvelle, dont 182 km de ligne à grande vitesse et 32 km de raccordements au réseau existant. Elle va relier Connerré, à l'est du Mans, à Rennes pour compléter la LGV Paris-Le Mans de 180 km, mise en place en 1989. Sans nouvelle gare.

Rennes à moins d'1h30 de Paris

En permettant aux trains de rouler à une vitesse de 320 km/h, ce tronçon doit faire gagner 37 minutes entre les grandes villes bretonnes et Rennes -qui sera à moins d'1h30 de Paris- et huit minutes pour Nantes-Paris. Un Lyon-Rennes passera de 4h10 à 3h30 et un Strasbourg-Rennes de 5h20 à 4h10. Au prix d'une modernisation des voies et du matériel, Quimper devrait être à terme à 3h00 de Paris.

La signature du contrat de partenariat public-privé (PPP) entre RFF et Eiffage constituait la dernière étape pour la concrétisation du projet, après la signature de la convention de financement le 13 juillet à Rennes. Par ce contrat de 25 ans, Eiffage Rail Express (ERE) est chargé du financement, de la conception, de la construction et de la maintenance (y compris le renouvellement) du projet.

En contrepartie, le groupe de BTP va recevoir des contributions de RFF et des collectivités locales pendant la phase de construction puis, pendant la phase d'exploitation, des loyers couvrant la contribution de l'Etat ainsi que la rémunération par RFF au titre de la maintenance et du renouvellement. RFF va apporter près de 43% du coût total (environ 1,4 milliard) tandis que l'Etat et les collectivités vont abonder à parts égales (environ 28,5%) soit 1,9 milliard au total.

Un tronçon reliant Sablé-sur-Sarthe à la ligne à grande vitesse

Eiffage, qui doit faire l'avance de la quote-part de l'Etat, a obtenu un financement auprès de douze banques commerciales pour un milliard d'euros, tandis que la Caisse des dépôts va apporter plus de 250 millions grâce aux fonds d'épargne et la Banque européenne d'investissement (BEI) 552,5 millions. Le contrat prévoit également la réalisation d'un tronçon de 3,6 km, dit «virgule», reliant Sablé-sur-Sarthe à la ligne à grande vitesse pour un coût supplémentaire de 36,3 millions d'euros.

Les travaux devraient débuter en juillet 2012 pour s'achever à l'automne 2016. La mise en service est prévue au printemps 2017. Un «planning tendu», selon M. Berger. Le chantier BPL devrait entraîner d'«importantes retombées» économiques et sociales directes et indirectes. Eiffage s'est notamment engagé à sous-traiter le tiers des travaux à des entreprises qui ne lui appartiennent pas, de préférence de la région. Quelque 10.000 emplois devraient être créés pendant le chantier, et 8% des heures consacrées aux travaux d'infrastructures «seront réservées à l'insertion».

Ce projet s'inscrit dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, qui prévoit la construction de 2.000 km de nouvelles LGV en France d'ici 2020. Le 16 juin, le plus important PPP jamais signé dans le domaine ferroviaire en France a été conclu entre RFF et Vinci pour la LGV Sud Europe Atlantique (SEA) entre Tours et Bordeaux (302 km, 7,8 milliards d'euros) qui doit ouvrir en 2017.