La catastrophe au Japon pèse sur Renault

E.M. avec Reuters

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Renault a fait état jeudi d'une baisse de 19,2% de sa marge opérationnelle au premier semestre à cause du tsunami au Japon, mais confirmé ses objectifs annuels en prévision d'un retour progressif à la normale au second semestre.

Le deuxième constructeur automobile français a dégagé sur les six premiers mois de l'année une marge opérationnelle de 630 millions d'euros, soit 3% du chiffre d'affaires.

Séisme au Japon

Sans l'impact de la catastrophe qui a frappé l'archipel nippon en mars et désorganisé la filière automobile japonaise, estimé à 150 millions d'euros sur la période, la marge opérationnelle de Renault aurait été stable d'une année sur l'autre.

Ces 150 millions correspondent pour l'essentiel à 50.000 véhicules qui n'ont pu être vendus sur la période à cause des problèmes d'approvisionnement en composants électroniques, dont le Japon est un grand spécialiste.

Faute d'un nombre suffisant de systèmes de contrôles pour moteurs diesel, Renault a également dû réorienter son mix produit vers les véhicules essence, vendus moins chers et accompagnés d'offres commerciales pour inciter les automobilistes à modifier leur commande initiale.

Composants

«Les contraintes conjoncturelles d'approvisionnement devraient s'atténuer progressivement au second semestre, permettant dès septembre une forte reprise de la production», a commenté le groupe dans un communiqué. «Au second semestre, l'impact sur la marge opérationnelle du tsunami japonais est estimé à 50 millions d'euros supplémentaires.»

Les pénuries de composants japonais, conjuguées aux difficultés de plusieurs équipementiers en Espagne et en Turquie à faire face à la demande, ont ainsi provoqué une brutale inversion entre avril et juin de la répartition des commandes en France entre Clio essence et diesel, les premières bondissant de 15% à 77% tandis que les secondes chutaient de 84% à 22%.