Tourisme: «Le mauvais temps va coûter très cher»

VACANCES Les caprices du ciel jouent un sale tour au tourisme hexagonal. Didier Arino, directeur du cabinet d'étude Protourisme fait le point sur la saison estivale...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller
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Didier Arino, directeur du cabinet d'étude Protourisme
Didier Arino, directeur du cabinet d'étude Protourisme — DIDIER ARINO

Quel est l’impact du mauvais temps sur la saison touristique en France?

J’étais très optimiste à l’amorce de la saison estivale. Nous anticipions une hausse de 4% des réservations cet été en France par rapport à 2010. Or, depuis dix jours, en raison du mauvais temps, les réservations sont à l’arrêt. C’est du jamais vu. Au final, le nombre de réservations pourrait être identique à l’année dernière. Déjà 15% de vacanciers ont décidé d’écourter leur séjour. Il y a des promotions très fortes avec des réductions jusqu’à 40 % selon les hébergements. Les campings sauf les 4-5 étoiles subissent une véritable hémorragie. 

 Quelles sont les régions les plus touchées?

La Bretagne et les destinations montagne sont très impactées. Même le sud ne profite pas d’un report massif de touristes. Vu le mauvais temps, les vacanciers se ruent vers les activités couvertes. Les cinémas, les restaurants et les musées connaissent une véritable embellie. Par exemple, le musée de la mer à Biarritz voit sa fréquentation progresser de 40% par rapport à 2010. Mais tous les touristes ne peuvent pas profiter de ces loisirs. Il ne faut pas oublier que 60% d’entre eux ont un budget vacances inférieur à 500 euros par personne. Une fois déduit le prix du logement, la marge de manœuvre est réduite.

Les Français se tournent-ils davantage vers l’étranger?

Les crises internationales devaient doper le tourisme hexagonal, mais vu les caprices de la météo, 500.000 Français de plus que prévus pensent partir à l’étranger cet été. Dans ce contexte, les agences de voyages qui étaient à la peine avant l’été se frottent les mains. Ainsi, Nouvellesiles.com qui propose notamment des voyages vers les Antilles a vu le nombre de ses réservations augmenter de 40%. 

Comment se présente le mois d’août?

Trois millions de personnes qui vont partir en août sont encore indécis sur leur destination. Les Français sont météo-réactifs.  Il faut donc rester très prudent.

Ce mois de juillet maussade va-t-il laisser des traces?

Il va coûter très cher à l’économie du tourisme en France. Vu la crise arabe, la destination France avait été très vendu avec à la clé une hausse des tarifs. En 2012, les touristes vont vouloir partir massivement à l’étranger vers des destinations soleil. Il faut s’attendre à une foire à la promo dans l’hexagone l’été prochain.