BCE: la position mondiale de l'euro stable en 2010, malgré la crise

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L'euro a maintenu sa place de deuxième devise mondiale derrière le dollar en 2010, et ce malgré la crise financière, selon un rapport de la Banque centrale européenne (BCE) publié vendredi.

"Malgré l'impact important persistant de la crise financière mondiale sur l'activité des segments de marché évoqués dans le rapport, les préférences pour les monnaies internationales sont restées largement inchangées", écrit le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, dans la note d'introduction du rapport.

"La politique monétaire orientée vers la stabilité de la BCE et de l'Eurosystème a continué de soutenir l'utilisation internationale de l'euro comme devise crédible", a-t-il ajouté.

Dans le détail, la part de l'euro dans les réserves mondiales de devises étrangères a augmenté de 0,3% à fin 2010 par rapport à fin 2009, avec une part de 26,3% à taux de change constant. Sa part a en revanche diminué de 2% dans les stocks de prêts et de dépôts transfrontaliers, tandis qu'elle a progressé de 1% dans les échanges quotidiens de devises étrangères.

La monnaie unique se situe toutefois loin derrière le billet vert qui représentait 61,4% des réserves mondiales de devises l'an passé, selon des données du Fonds monétaire international (FMI) citées par la BCE. Cette proportion est toutefois en recul: elle était encore de 63,2% fin 2009.

Quant aux monnaies des marchés émergents, elles souffrent "de la taille relativement petite, du manque de profondeur, de liquidité et de sophistication de leurs marchés financiers", ajoute la BCE.

Ainsi, "bien que la part de la Chine dans la production et le commerce mondial a significativement augmenté ces dernières années, l'usage du renminbi (ou yuan, ndlr) comme monnaie internationale est restée limitée", écrit-t-elle.

L'euro, qui fluctue ces derniers mois au gré des soubresauts de la crise de la dette de certains des pays qui l'ont adopté, s'échangeait à un peu plus de 1,43 dollar vendredi.

Jeudi soir, les responsables européens sont parvenus à un accord pour sauver la Grèce de la faillite qui la guettait au prix d'un éventuel défaut partiel de paiement de pays prononcé par les agences de notation. Fitch, l'une des trois grandes, a déjà annoncé son intention de le faire.