Zone euro: l'Allemagne opposée à l'organisation d'un sommet à tout prix

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L'Allemagne est opposée à l'organisation à tout prix d'un sommet européen dans les prochains jours, Berlin ne jugeant une telle rencontre sensée que si un programme d'aide pour la Grèce concret y est adopté, a déclaré vendredi un porte-parole du gouvernement.

Depuis quelques jours, les capitales européennes bruissent de rumeurs sur un sommet extraordinaire imminent des dirigeants de la zone euro. La réunion aurait un temps été envisagée pour ce vendredi, la date de lundi circule actuellement.

Mais "ce n'est pas une rencontre en soi qui aidera la Grèce, c'est un nouveau programme", a martelé vendredi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel. "L'important n'est pas de faire la course pour fixer une date", a-t-il également déclaré, "une rencontre en soi n'est considérée comme un signal par personne".

Une réunion n'aura lieu que si "elle fait sens et est nécessaire", a-t-il insisté, c'est-à-dire quand les pays de la zone euro se seront mis d'accord sur les modalités d'aide à Athènes, qui font l'objet d'intenses discussions depuis des semaines.

Elles butent principalement sur la participation à l'aide des créanciers privés du pays, banques et fonds d'investissement, qui suscite des divisions notamment entre Berlin et Paris. L'Allemagne en fait jusqu'ici une condition, alors que de nombreux autres pays redoutent une aggravation de la contagion de la crise de la dette.

"Il y a un accord sur le principe" d'une participation du secteur privé, "nous y travaillons pour arriver le plus rapidement possible à une solution, il n'y a rien de nouveau", a déclaré pour sa part un porte-parole du ministère des Finances.

Il a indiqué que les tractations continueraient tout au long du weekend.

En début de semaine, les responsables allemands avaient soufflé le chaud et le froid quant à l'urgence de trouver une solution pour la Grèce. La chancelière Angela Merkel avait évoqué la nécessité de trouver un accord "à très, très courte échéance", mais son ministre des Finances Wolfgang Schäuble avait affirmé dès le lendemain qu'Athènes avait le temps jusqu'à septembre.

"L'élaboration d'un programme pour la Grèce est d'une importance capitale", a dit vendredi M. Seibert.

Selon un sondage publié vendredi, 58% des Allemands sont opposés à un deuxième sauvetage d'Athènes, déjà soutenu par ses partenaires européens l'an dernier.

En termes de calendrier, la chancelière sera à partir de lundi soir à Hanovre (nord) pour des consultations bilatérales avec le président russe Dimitri Medvedev, prévues pour mardi. Sa présence à un éventuel sommet européen lundi soir ou mardi ne serait donc pas possible.