Paris veut rester le partenaire économique «le plus proche» d'Abidjan, assure François Fillon

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Le Premier ministre français François Fillon a affirmé ce vendredi à Abidjan que la France était déterminée à rester le partenaire économique «le plus proche» de la Côte d'Ivoire, en pleine récession après plusieurs mois d'une grave crise politique.

Arrivé jeudi soir, François Fillon a ouvert ce vendredi matin un forum économique réunissant des entreprises ivoiriennes et françaises. Il se rendra samedi et dimanche au Ghana et Gabon dans le cadre d'une mini-tournée africaine placée sous le signe de l'économie.

«Mettre à profit le choc que le pays vient de subir»

«La Côte d'Ivoire est à un tournant», a-t-il relevé, trois mois après la chute de l'ex-président Laurent Gbagbo à l'issue d'une sanglante crise politico-militaire.

«Tout le défi sera de réussir à mettre à profit le choc qu'elle vient de subir pour réunifier et refonder le pays», a ajouté François Fillon, qui souhaite «un nouveau départ» des relations entre la France et son ex-colonie, loin de la «nostalgie» qui les a, selon lui, longtemps marquées.

«Les nombreuses entreprises qui sont venues avec moi vous le diront: nous sommes déterminés à rester votre partenaire le plus proche», a assuré le Premier ministre, en présence de son homologue ivoirien Guillaume Soro.

La France a débloqué 350 millions d’euros en urgence

La France est le premier partenaire commercial de la Côte d'Ivoire, où opèrent environ 140 filiales de groupes français et quelque 500 PME françaises, un record en Afrique subsaharienne.

La Côte d'Ivoire a le potentiel pour devenir «dans la décennie qui vient» un pays émergent, a estimé François Fillon, rappelant «l'effort financier exceptionnel» de la France ces derniers mois en direction de la Côte d'Ivoire.

Paris a déboursé 350 millions d'euros en urgence pour «aider les autorités à financer les salaires de la fonction publique et les dépenses sociales». A cette aide s'ajoutent 100 millions d'euros pour aider les entreprises ivoiriennes et françaises victimes des crises de 2004 et 2011.

La France est déterminée à «aller plus loin» et sera «en première ligne» en annulant une partie de la dette bilatérale ivoirienne à hauteur d'un milliard d'euros, a dit François Fillon, qui doit rencontrer à la mi-journée le président Alassane Ouattara.