L'Europe stresse avant la publication des tests de résistance bancaires

Thibaut Schepman

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Le ministre des Finances grec, Evangelos Venizelos, lors d'une conférence de presse à Athènes, le 23 juin 2011.
Le ministre des Finances grec, Evangelos Venizelos, lors d'une conférence de presse à Athènes, le 23 juin 2011. — no credit

Les autorités européennes doivent révéler ce vendredi à 18h les résultats des  tests de résistance passés par les banques européennes. Ces résultats sont très attendus, alors que la crise de la dette européenne s’est aggravée depuis la semaine dernière. 20Minutes fait le point sur ces tests de résistance et leurs possibles conséquences.

Pourquoi ces tests?
Ces «stress tests» (tests de résistance) sont des procédures classiques dans le secteur des banques et assurances. Il s’agit de s’assurer de la solidité des établissements en cas de dégradation de la situation économique. Plus de 90 banques ont donc été mises à l’épreuve en imaginant plusieurs scénarios de baisse de croissance. Pour la deuxième fois depuis le début de la crise, ces examens vont être rendus publics cette année, et l’on saura ce soir quels établissements sont jugés inaptes à faire face à une éventuelle rechute de l’économie.

Largement contestés l’an dernier car jugés trop cléments, ces tests devraient être plus sévères cette année. Mais le scénario d’un défaut de la Grèce, de plus en plus crédible, n’a pas été évalué. «Pourquoi faire un “stress test” abstrait alors qu'il y en a un vivant qui se passe actuellement sous nos yeux?», ironise un analyste financier basé à Londres qui a requis l'anonymat.

Quelles banques sont menacées?
L’agence de notation Moody’s prévoit l’échec de 26 banques. Les autres pronostics tablent sur dizaine d’établissements, dont six en Espagne. Plusieurs banques, dont deux caisses d’épargne espagnoles et l’agence régionale allemande Helaba, ont choisi d’annoncer par avance leur échec... avant de remettre en cause la qualité des tests.

Les banques françaises devraient passer l’épreuve sans problème. Mais les analystes étudieront avec attention l'état des expositions aux différentes dettes souveraines de la zone euro qui seront publiées à cette occasion. En effet, les établissements français sont très exposés aux dettes souveraines grecques, irlandaises et espagnoles et pourraient être mis à mal en cas de défaut de l’un de ces pays.

Qui peut payer pour les établissements en difficulté?
Les banques ayant échoué devront augmenter leurs fonds propres, c’est-à-dire gonfler leur capital permanent faisant office de matelas de protection contre la faillite en cas de crise grave. Reste à savoir où trouver ces fonds. Jeudi, les ministres européens des Finances se sont engagés à soutenir les banques qui échoueraient, et ont convenu de s’entretenir la semaine prochaine pour en décider.

Mais l’Europe, qui peine à soutenir les Etats de la zone euro en difficulté, ne pourra venir en aide à tous les établissements. Interrogée mercredi, Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales) estimait que la solution passe par des investisseurs étrangers. «Tout le monde sait déjà que des banques sont en difficulté, donc la publication de ces tests ne devrait pas aggraver à eux seuls la situation. Au contraire, ils permettront de connaître les mauvais élèves et de trouver une solution pour les recapitaliser, peut-être grâce à des investisseurs chinois».