L'Italie adopte définitivement son plan d'austérité

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Le Parlement italien donne vendredi son feu vert définitif à un plan d'austérité renforcé devant mettre le pays à l'abri de la crise de la dette et de l'attaque des marchés qui attendent les résultats des tests de résistance passés par 91 banques européennes.

Après avoir été adopté au pas de charge jeudi par le Sénat, ce plan d'austérité de près de 48 milliards d'euros doit être voté de manière définitive dans l'après-midi par la Chambre des députés, une rapidité jamais vue dans l'histoire de l'Italie et qui a fait évoquer au président de la République Giorgio Napolitano, pourtant ex-communiste, "un miracle". L'Italie, sous attaque des marchés depuis une semaine, se devait d'accélérer l'adoption de ce plan car une propagation de la crise de la dette au pays pourrait mettre à genoux toute la zone euro dont la Péninsule est la troisième économie.

Enième cochonnerie

Le plan d'austérité a cependant soulevé une tempête de protestations à l'intérieur du pays. "Ce plan est l'énième cochonnerie, il frappe les gens pauvres", a dénoncé vendredi dans une interview au Corriere della Sera Antonio Martino, ancien ministre de la Défense de Silvio Berlusconi. La présidente de l'organisation patronale Confindustria, Emma Marcegaglia, a pour sa part dénoncé un plan "basé en substance sur une hausse des impôts", critiquant "l'absence de mesures qui réduisent le coût de la classe politique" italienne et ses nombreux privilèges.

Quelque 200 personnes manifestaient à Rome en fin de matinée devant le Parlement pour dénoncer "un mauvais plan", en criant "Berlusconi tu dois t'en aller, l'heure du changement est arrivée". Les manifestants pressaient symboliquement des citrons, allusion au sort que le plan réserve selon eux aux retraités. L'Italie est prise pour cible par les marchés en raison de son énorme dette publique de 1.900 milliards d'euros, représentant environ 120% du PIB, ce qui fait dangereusement grimper le coût de l'emprunt pour ce pays. Parmi les mesures destinées à réduire le déficit figurent le lancement d'un plan de privatisations en 2013, l'introduction d'un ticket modérateur, le gel des salaires et des embauches des fonctionnaires et une sévère réduction des dotations des collectivités locales.

Tests de résistance bancaires

Les mesures sur les retraites ont été durcies tandis que du côté des recettes, des coupes seront effectuées dans les niches fiscales et les stock-options seront taxées plus sévèrement. "La très grande dette publique reste le point le plus vulnérable de l'économie italienne, particulièrement dans ce climat de forte incertitude et de crainte des marchés", a souligné vendredi dans une interview à La Repubblica le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Evoquant la possibilité d'un sommet extraordinaire des pays de la zone euro dans les prochains jours, M. Rehn a assuré que "d'intenses négociations étaient en cours sur les mesures à prendre en faveur de la Grèce et pour éviter la contagion". "Il reviendra au président (de l'Union européenne Herman) Van Rompuy de décider de la convocation ou non du sommet extraordinaire", a ajouté M. Rehn, soulignant cependant que "personne n'a de baguette magique et toutes les solutions présentent des avantages et des inconvénients".

En parallèle, la réunion entamée jeudi à Rome entre les créanciers privés de la Grèce et des responsables européens pour tenter d'avancer sur la question de la participation des privés au nouveau plan d'aide à Athènes a repris vendredi. Outre les négociations sur la crise grecque, les marchés suivront avec une très grande attention aussi les résultats des tests de résistance passés par 91 banques européennes et qui seront annoncés à Londres à 16H00 GMT par l'Autorité bancaire européenne (EBA). L'EBA dira alors combien de banques seraient incapables de traverser une récession économique de deux ans et chacune d'elles devra indiquer dans la foulée les mesures qu'elle compte prendre pour consolider sa position.