Dette américaine: Barack Obama exhorte les élus à trouver un accord

ÉTATS-UNIS Le temps des décisions est venu», a affirmé le président américain...

© 2011 AFP

— 

Le président américain Barack Obama (C) conduit un meeting avec les leaders du Congrès sur la réduction du déficit à Washington, le 14 juillet 2011.
Le président américain Barack Obama (C) conduit un meeting avec les leaders du Congrès sur la réduction du déficit à Washington, le 14 juillet 2011. — REUTERS/Jason Reed

Barack Obama a affirmé jeudi aux chefs de file du Congrès que «le temps des décisions est venu» pour résoudre le problème de la dette américaine, après une nouvelle journée sans accord marquée par des avertissements sur les graves conséquences en cas d'inaction du parlement.

>> Pour savoir pourquoi la dette américaine inquiète la planète, c'est par là

«Le temps des décisions est venu. Il nous faut des projets concrets pour faire progresser» ces dossiers, a déclaré Obama, selon un responsable démocrate au courant des pourparlers entre le président et les élus. A l'issue d'une cinquième séance de négociation consécutive à la Maison Blanche - sans résultats - entre le président et les responsables parlementaires, qui a duré une heure vingt, plusieurs élus ont indiqué qu'il n'y aurait pas de nouvelle réunion vendredi.

24 à 36 heures pour se décider

Selon le responsable démocrate proche des négociations, le président a souhaité que les élus se consultent avec les membres de leurs groupes respectifs pour déterminer ce qui peut être fait. Et il a donné aux élus une période de 24 à 36 heures pour se décider. De même source, «s'il n'a pas eu de nouvelles d'eux avec un plan d'action, il pourrait convoquer une nouvelle réunion pendant le week-end». Barack Obama va participer à une conférence de presse vendredi à 11h (17h, heure de Paris), a annoncé la Maison Blanche.

Le responsable démocrate a par ailleurs affirmé que Barack Obama, engagé dans d'ardues négociations budgétaires avec ses adversaires républicains majoritaires à la Chambre des représentants, n'avait pas renoncé à obtenir «l'accord de plus grande portée possible» afin d'obtenir un relèvement du plafond de la dette avant le 2 août. Par cette expression, la Maison Blanche évoque d'habitude une réduction du déficit de 4.000 milliards de dollars sur dix ans, au moyen de coupes dans les dépenses, mais aussi de nouvelles recettes fiscales ponctionnées sur les contribuables les plus riches.

Une telle perspective hérisse les républicains qui ont fait de leur credo un refus de nouveaux impôts. Les mises en garde sur les conséquences d'un éventuel défaut de paiement des Etats-Unis se sont multipliées jeudi à Washington. Peu avant la rencontre à la Maison Blanche, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, s'est rendu au Capitole et a assuré qu'il ne pouvait donner au Congrès davantage de temps pour relever le plafond de la dette au-delà de la date butoir.

Impasse politique persistante

«Nous avons examiné toutes les solutions possibles et en aucun cas nous ne pouvons donner plus de temps au Congrès pour résoudre ce problème», a martelé Geithner à la presse. Pour sa part, le PDG de la banque américaine JPMorgan Chase s'est inquiété de l'impasse politique persistante. Selon le banquier, un défaut de paiement pourrait être une «catastrophe». Jeudi encore, le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a exhorté les élus à entendre le message des agences de notation, qui menacent d'abaisser la note des Etats-Unis sur la dette.

Après Moody's qui a annoncé mardi avoir mis sous surveillance l'Etat fédéral américain, c'est Standards & Poor's qui a averti jeudi qu'elle envisageait d'abaisser la note des Etats-Unis. De son côté, la Chine a demandé aux Etats-Unis «d'adopter des mesures (...) pour préserver les intérêts des investisseurs». Face à la pression et aux déclarations alarmantes, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avait affirmé jeudi avant la réunion que «malgré tout, des progrès ont été effectués».

Les négociations à Washington portent sur le plafond de la dette fédérale autorisé par la loi. Le maximum, 14.294 milliards de dollars, est déjà atteint depuis la mi-mai. Le Trésor a contourné le problème par des mesures techniques permettant de maintenir la dette américaine sous la barre légale, mais il estime ne pas pouvoir tenir au-delà du 2 août.