Pétrole: Total va répercuter la hausse du prix du baril à la pompe

ESSENCE Pour Christophe de Margerie, sa société n'a pas le choix...

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Une station service Total à Nancy en avril 2011.
Une station service Total à Nancy en avril 2011. — POL EMILE/SIPA

Le PDG de Total, Christophe de Margerie, a annoncé samedi que le groupe pétrolier allait répercuter à la pompe les récentes hausses des prix du pétrole, qui ont effacé les baisses intervenues après la décision de l'AIE de puiser dans ses réserves.

Le 23 juin, le gouvernement avait demandé au groupe pétrolier de répercuter les baisses des prix du pétrole après la décision de l'Agence internationale de l'Energie de puiser dans ses stocks stratégiques pour soulager le marché.

«On l'a fait», a assuré Christophe de Margerie à la presse, en marge des «Rencontres économiques» à Aix-en-Provence.

Une baisse de courte durée

«Le problème, c'est que la baisse des prix de l'AIE a été très courte et derrière, les prix sont repartis à la hausse», remontant de 114 dollars le baril de Brent à 118 dollars au cours des derniers jours, a-t-il expliqué.

«Je me suis engagé vis-à-vis de Bercy à répercuter les prix du pétrole à la pompe. Sans provocation, le problème c'est qu'on va continuer à le faire et donc ça ne va pas faire plaisir», a-t-il dit.

Il a jugé que «c'était sa responsabilité d'entrepreneur de dire des choses qui ne font pas forcément plaisir mais qui sont la vérité».

«On attend que les prix soient (intégrés) dans nos coûts pour les répercuter», a-t-il encore précisé.

«Si on ne répercute pas la hausse des prix, la boîte coule»

Sans chiffrer la hausse prévue, Christophe de Margerie a souligné que pour l'instant ce ne serait «pas énorme».

Mais «les prix étant plutôt à la hausse, il ne faut pas s'attendre à ce que sur le long terme les prix baissent», a-t-il prévenu, tout en estimant que «si on ne répercute pas la hausse du baril, la boîte coule».

«Si la reprise de l'économie continue dans les pays émergents, ce qui me paraît une bonne chose, ça va tirer les prix de l'énergie à la hausse», a-t-il expliqué.

A l'inverse, «si la Chine a tendance à réduire sa croissance et que les Etats-Unis n'ont pas la croissance qu'on espérait, l'économie va aller moins bien, donc il y aura moins de demande d'énergie et les prix vont baisser», a-t-il poursuivi.