Pourquoi la prime aux sénateurs fait polémique

ÉCONOMIE érard Larcher a annoncé qu'elle allait être annulée...

E.M.
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20minutes.fr

Juste avant leur départ en vacances, les sénateurs ont eu la bonne surprise de découvrir 3.500 euros de plus sur leur fiche de paie. Mais en cette période de rigueur, cette prime n’a pas manqué de susciter la controverse et devrait être annulée. 20Minutes revient sur la polémique.

De quelle prime parle-t-on?

Cette prime de 3 531,61 euros correspond, selon un document de la questure, «à un rattrapage exceptionnel sur un complément d'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM)».

Entre leur salaire, leur indemnité de résidence et de fonction, les sénateurs perçoivent 7.100 brut par mois. D’un montant de 6.240 euros net mensuels, l’IRFM est quant à elle «destinée à couvrir les frais inhérents à l'exercice des fonctions parlementaires», précise le site Internet du Sénat.

Les sénateurs disposent également d’un crédit de 7.548 euros brut mensuels, hors charges patronales, pour rémunérer jusqu’à trois assistants parlementaires à temps plein. 

Pour quelles raisons cette prime fait-elle polémique?

Le président centriste de la Commission des Finances, Jean Arthuis, la sénatrice PS, Nicole Bricq, et le président du groupe Union centriste, François Zocchetto, ont vivement critiqué cette prime en cette période de rigueur budgétaire. Et ils ont annoncé qu’ils allaient la rembourser.

«Je considère que c'est une prime indue», a souligné Nicole Bricq. «Nous n'avions rien demandé, cela m'a beaucoup surpris. Cette prime est totalement malvenue, quand bien même s'agirait-il d'un rattrapage», a renchéri François Zocchetto.

Jean Arthuis a envoyé une lettre au président du Sénat, Gérard Larcher, pour lui demander d’annuler cette décision.

Que va-t-il se passer?

Gérard Larcher expliquait mercredi soir sur Public Sénat que cette prime était selon lui tout à fait légitime puisqu’il s’agit d'un rattrapage équivalant à quelque «98 euros par mois» sur trois ans. «La démocratie, ça a aussi un prix! Il faut que des parlementaires soient indemnisés», avait-il expliqué.

Mais face à la polémique, le président du Sénat a indiqué jeudi dans une lettre aux questeurs qu’il souhaitait «l'inscription de ce point à l'ordre du jour de la plus prochaine réunion du Conseil de Questure pour une annulation». La session extraordinaire du Sénat se termine le 13 juillet.