Areva: Anne Lauvergeon critique le manque de constance de l'Etat

ENERGIE Elle a été remplacée par le numéro deux il y a quelques semaines...

E.M. avec Reuters

— 

L'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une interview à Paris en mai 2011.
L'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une interview à Paris en mai 2011. — GILLES BASSIGNAC/JDD/SIPA

Débarquée d'Areva il y a quelques semaines, Anne Lauvergeon ne mâche pas ses mots sur le rôle du gouvernement dans la stratégie du groupe.

Lors d'un entretien au Monde publié ce jeudi, elle a critiqué le manque de constance de l'Etat actionnaire. Anne Lauvergeon estime également que ses relations tendus avec la patron d'EDF, Henri Proglio, lui ont en partie coûté son poste.

Constance

«Nous aurions pu rêver d'un Etat plus constant ! Dans une entreprise publique, l'actionnaire doit être un grand stratège», a déclaré Anne Lauvergeon.

Alors que l'Etat détient près de 87% du capital d'Areva, l'ancienne présidente du groupe souligne que les pouvoirs publics ont tour à tour voulu le marier à Alstom, promis une ouverture de son capital avant d'y renoncer, envisagé son démantèlement et freiné son développement dans l'éolien.

Relations avec EDF

«Dans ce contexte, on ne peut que me reprocher d'avoir voulu garder une ligne simple et constante: maintien du modèle intégré, développement des énergies sans CO2 et augmentation de capital, finalement obtenue en 2010... Sept ans après la première demande !», ajoute Anne Lauvergeon, qui évoque également la «stratégie fluctuante de l'Etat».
                                   
Concernant son remplacement à la tête du groupe, elle a expliqué qu'«il m'a été dit que la même règle s'appliquait au président de la République et à la présidente d'Areva : deux mandats seulement. L'autre raison que l'on m'a donnée concernait mes relations avec Henri Proglio».