les missions de lagarde

gilles wallon

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L'ex-ministre de l'Economie va devoir aider les pays de la zone euro sans froisser les grands pays émergents.
L'ex-ministre de l'Economie va devoir aider les pays de la zone euro sans froisser les grands pays émergents. — Susan Walsh/AP/SIPA

Christine Lagarde vient de poser ses valises à Washington, mais son agenda des cinq prochaines années s'annonce déjà chargé. Entrée en fonction mardi, la nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a livré hier sa première conférence de presse, où elle a estimé que l'économie mondiale avait « rebondi. » La nouvelle patronne a quatre missions principales.

Sauver la Grèce et la zone euro. C'est le dossier le plus brûlant pour Christine Lagarde, comme l'a prouvé l'actualité d'hier, marquée par la dégradation de la note du Portugal (lire encadré). Déjà investi dans le premier plan d'aide à la Grèce, le FMI risque de devoir s'engager dans un deuxième plan de même ampleur. Et préparer, au cas où, des prêts de dizaines de milliards pour l'Irlande ou pour l'Espagne… Ces aides à répétition agacent les pays émergents. La directrice du FMI va devoir les séduire.
Rebattre les cartes au FMI. Inde, Brésil, Chine : les nouvelles économies en ont assez de jouer les seconds rôles au FMI, où les votes de l'Europe et des Etats-Unis comptent pour 50 % du total. Les pays émergents ont voté pour Lagarde, qui devrait leur donner un poids supplémentaire… mais maintenir l'ordre établi : le numéro 2 du FMI restera un Américain, comme le veut la tradition.
Faire le bilan du passé. Pour éviter de nouvelles crises, le FMI veut mieux harmoniser les politiques des grandes économies mondiales. Première étape : un retour sur les erreurs des dernières années, en partant de la crise financière américaine, qui fera l'objet d'un grand rapport dès ce mois-ci.
Restaurer l'honneur de l'institution. Le FMI veut reconstruire son image. Christine Lagarde s'est engagée à une conduite stricte, qui l'interdit même d'assister à tout meeting politique.

colère à bruxelles

Hier, une agence de notation a dégradé la note du Portugal, ce qui va pénaliser le pays qui lutte pour baisser sa dette. En colère, la Commission européenne souhaite que les agences deviennent « responsables devant les juridictions civiles ».