L'assurance maladie propose 2,2 milliards d'euros d'économies pour 2012

SANTE En faisant notamment évoluer les tarifs de certains médicaments et en sollicitant davantage les assureurs...

© 2011 AFP

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Photo d'illustration d'un patient présentant sa carte vitale chez le médecin, en 2007
Photo d'illustration d'un patient présentant sa carte vitale chez le médecin, en 2007 — JAUBERT / SIPA

L'assurance maladie propose de réaliser 2,2 milliards d'économies supplémentaires en 2012, en faisant notamment évoluer les tarifs de certains médicaments et en sollicitant davantage les assureurs quand leurs assurés sont responsables d'accidents.

Les mesures, contenues dans un rapport que s'est procuré ce mardi l'AFP, visent à tenir l'objectif d'évolution des dépenses de l'assurance maladie fixé par Nicolas Sarkozy, mais le gouvernement n'est pas tenu de les mettre en oeuvre.

Le total des dépenses annuelles d'assurance maladie ont dépassé 185 milliards d'euros en 2011 pour le seul régime général (salariés du privé), dont le déficit prévu de la branche maladie cette année devrait dépasser les 10 milliards d'euros.

Une baisse de prix sur les anti-ulcéreux et les anticholestérols

Pour 2012, le gouvernement a demandé que ces dépenses n'augmente pas plus de 2,8%, ce qui nécessite des mesures permettant de faire 2,2 milliards d'euros, a calculé l'assurance maladie pour expliquer ses propositions.

Celles qui ont le plus fort impact financier concernent l'«évolution des tarifs des produits de santé», pour plus de 700 millions d'euros (c'est-à-dire autant de dépenses en moins par rapport à l'évolution tendancielle des dépenses).

L'assurance maladie demande notamment «une baisse de prix substantielle» sur certains médicaments comme les IPP (anti-ulcéreux) ou encore les statines (anticholestérols) dans leurs versions génériques et aussi une baisse de certains médicaments très coûteux délivrés à l'hôpital.

Les assureurs davantage sollicités

L'assurance maladie veut aussi revoir les tarifs de certaines prothèses comme celles de hanche ou de genou, plus élevés en France qu'à l'étranger. La Sécurité sociale veut aussi que les assureurs mettent davantage la main à la poche quand leurs assurés sont responsables d'accidents provoquant des dépenses de santé pour la collectivité.

Lorsqu'une personne est victime d'un accident causé par un tiers, sa caisse de sécurité sociale peut «solliciter auprès du tiers responsable le remboursement des prestations qu'elle a été amenée à verser», rappelle-t-elle. Il peut s'agir de frais d'hospitalisation, de frais médicaux et d'indemnités journalières, mais aussi de pensions d'invalidité ou de rentes d'accident du travail.

Mieux encadrer les prescriptions des médecins

Des signalements plus systématiques et une révision de certains protocoles avec les assureurs permettrait de faire quelque 200 millions d'euros d'économies en 2012, estime-telle. Elle compte faire 200 millions d'euros d'économies en continuant à rapprocher les tarifs que lui facturent les cliniques et les hôpitaux (différents de ceux acquittés par les patients), parfois très différents pour un même acte.

Plus classiquement, l'assurance maladie propose de nouvelles mesures pour mieux encadrer les prescriptions des médecins, en les incitant par exemple à raccourcir la durée des arrêts de travail ou le nombre de séances de kinésithérapie qu'ils prescrivent pour une pathologie donnée. La poursuite de ce qu'elle appelle la «maîtrise médicalisée» permettrait ainsi de dégager 500 millions d'euros.