Fessenheim en reprend pour dix ans

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Le site de Fessenheim.
Le site de Fessenheim. — P. SAUTIER / SIPA

Dix ans de plus pour la plus vieille centrale nucléaire française. Hier, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s'est prononcée en faveur d'une poursuite de l'exploitation du réacteur n° 1 de Fessenheim (Haut-Rhin), en fonctionnement depuis 1978. Cet avis fait suite au réexamen de sûreté mené tous les dix ans par l'ASN sur l'ensemble du parc nucléaire français. EDF devra toutefois procéder à deux améliorations majeures de sûreté : renforcer le radier du réacteur avant juin 2013 et installer, au plus tard à la fin 2012, des dispositifs de secours permettant d'évacuer la « puissance résiduelle », c'est-à-dire la radioactivité émise par un réacteur à l'arrêt, en cas de perte de la source de refroidissement. Le radier, la dalle de béton située sous la cuve contenant le cœur du réacteur, est le dernier rempart contre le passage du combustible radioactif dans le sol en cas de fonte du cœur. Il n'est épais que de 1,5 m à Fessenheim, contre 2,5 à 3 m dans les autres centrales françaises. EDF devra couler un mètre de béton sous la cuve, ce qui n'a encore jamais été fait sur un réacteur en fonctionnement.
Cette décision de l'ASN est suspendue aux conclusions de l'audit de sûreté débuté en mai à la demande du Conseil européen après la catastrophe de Fukushima. Cet examen prendra en compte des aléas extrêmes qui se cumuleraient, comme un séisme suivi d'une inondation. Concernant le risque terroriste, André-Claude Lacoste, le président de l'ASN, estime que « les examens vont amener à considérer des états graves qui peuvent être le résultat d'attaques terroristes ».
Audrey Chauvet