Volkswagen détient la majorité du constructeur de camions MAN

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Le premier constructeur automobile européen Volkswagen a annoncé lundi détenir désormais la majorité du capital de son compatriote allemand MAN, étape importante de sa stratégie pour former un géant mondial des poids-lourds.

Le groupe de Wolfsbourg (nord) détient 53,7% du capital et 55,9% des droits de vote de MAN au terme de son offre publique d'achat (OPA), a-t-il fait savoir dans un communiqué. Il attend désormais le feu vert de Bruxelles à ce rapprochement.

L'offre, qui courait du 31 mai au 29 juin, avait dans un premier temps été jugée peu attractive par les investisseurs, qui ont vendu en masse au dernier moment à la faveur de la baisse du cours du titre.

La direction du constructeur de camions avait considéré le prix proposé inapproprié tout en soulignant la logique industrielle d'une coopération plus étroite entre MAN, Volkswagen et sa filiale suédoise Scania.

Volkswagen a offert aux actionnaires de MAN un prix de 95 euros par action ordinaire et de 59,90 euros par action préférentielle. Le groupe a ainsi déboursé quelque 3,4 milliards d'euros, selon un calcul fait par l'AFP.

"Volkswagen est plus que satisfait de ce résultat", a indiqué le patron de VW Martin Winterkorn, dans un communiqué.

Le groupe aux neuf marques, d'Audi à Seat en passant par Skoda, accueille donc un grand nom de plus dans son porte-feuille, un pas important dans sa volonté de rapprocher MAN et Scania afin de créer un géant mondial des poids-lourds capable de concurrencer Daimler et Volvo.

Dans un premier temps, Volkswagen espère des synergies, principalement dans les achats, évaluées à 200 millions d'euros par an.

Cette coopération étroite entre MAN et Scania était jusqu'à présent interdite par les autorités européennes de la concurrence.

Pour débloquer la situation, Volkswagen, qui détenait déjà 29,90% de MAN, avait dépassé en mai la barre des 30%, ce qui l'obligeait selon la loi allemande à déposer une offre publique d'achat sur la totalité du capital.

Volkswagen avait répété viser seulement 35 à 40% des parts de MAN, soit suffisamment pour s'assurer une majorité lors des assemblées générales.

"Nos actionnaires se sont décidés, MAN va appartenir à la famille de Volkswagen", a commenté lundi un porte-parole de MAN interrogé par l'AFP. "Nous tournons ainsi une page de la longue histoire de MAN", a-t-il ajouté.

L'entreprise munichoise, qui a démarré dans la sidérurgie avant de fabriquer des poids-lourds mais aussi des bus et des moteurs diesel, était indépendante depuis environ 253 ans.

Elle prévoit de "profiter activement des opportunités découlant de cette situation et de soutenir Volkswagen de toutes les formes possibles dans l'examen par les autorités européennes de la concurrence", a assuré le porte-parole.

La marche de Volkswagen vers une prise de contrôle de MAN a justement été freinée la semaine dernière par les réticences de la Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe à la nomination au conseil de surveillance de MAN de trois membres de VW déjà présents dans l'organe de contrôle de Scania.

Le patriarche de Volkswagen Ferdinand Piëch, qui dirige le conseil de surveillance de MAN, avait dû se résoudre à retirer ces candidatures et à les repousser jusqu'à l'accord de la Commission. Le groupe doit déposer sa demande "dans les semaines qui viennent", a rappelé une porte-parole.

A la Bourse de Francfort, le titre de Volkswagen bénéficiait de ces annonces avec +0,42% à 143,4 euros dans un marché en hausse de 0,16% tandis que MAN se classait en queue du Dax avec un recul de 1,44% à 93,93 euros.