L'économie du Niger pâtit de la guerre en Libye voisine

Reuters

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La guerre en Libye voisine coûte à l'économie nigérienne des milliards de FCA en revenus perdus sur les transactions commerciale et les mandats envoyés jadis par les plus de 200.000 Nigériens travaillant dans ce pays et contraints de rentrer.

Ce bilan est dressé par le président Mahamadou Issoufou, interviewé ce week-end par l'agence Reuters en marge du 17e sommet de l'Union africaine réuni à Malabo, capitale de la Guinée-Equatoriale.

Les analystes estiment pour leur part que l'afflux dans la bande sahélo-saharienne d'armes et de munitions venues de Libye risquent d'aggraver l'instabilité du Niger où le secteur du tourisme est déjà en berne.

Le Niger, pays producteur d'uranium, reste l'un des pays les plus pauvres de planète avec notamment une crise alimentaire quasi-chronique.

«Il y a 211.000 émigrés qui sont rentrés au Niger et qui, traditionnellement, envoyaient dans leurs villages d'origine des mandats pour aider leurs familles», explique le président nigérien.

La voie ferrée trans-saharienne suspendue

«Je ne connais pas le montant exact de ces transferts d'argent mais je sais que nous avons perdu beaucoup de milliards de FCFA en taxes à la suite de la crise libyenne et de la suspension des échanges commerciaux bilatéraux». En mai, le Niger a dû réduire de 6,55% le budget 2011.

Autre victime collatérale de la guerre en Libye - la voie ferrée trans-saharienne reliant la Libye au Niger sur 1.100 km et dont les travaux de construction sont suspendus.

La situation économique pâtit aussi du coup d'arrêt donné au secteur touristique après l'enlèvement d'Occidentaux en échange de rançons par des groupes liés à Al Qaïda.

«Nous sommes menacés par les islamistes, les contrebandiers et les groupes armés. Ces menaces ont été exacerbées par la crise en Libye (...) il faut trouver une solution politique», demande le président Issoufou.