Carrefour et Casino s'affrontent pour se développer au Brésil

COMMERCE Les deux groupes veulent acheter le numéro un de la grande distribution dans le pays...

E.M.

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Une enseigne Carrefour en avril 2011.
Une enseigne Carrefour en avril 2011. — SOLAL/SIPA

Carrefour et Casino ont bien l’intention de se développer dans l’eldorado brésilien. Et ils comptent tous les deux mettre la main sur le numéro un de la grande distribution dans le pays: Grupo Pao de Açucar (GPA).

Guerre ouverte

La société brésilienne Gama, qui doit être capitalisée par la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES), a proposé mardi à Carrefour une opération très sophistiquée. 

Elle fusionnerait avec GPA, puis, dans un deuxième temps, avec la filiale brésilienne de Carrefour. Les actifs brésiliens fusionnés seraient alors détenus à parité par Gama et le groupe français.

Refus de Casino

Un mariage qui donnerait naissance à un géant de la distribution au chiffre d'affaires combiné de plus de 30 milliards d'euros.   

Sauf que GPA est déjà engagé dans un pacte d’actionnariat avec Casino. Et ce dernier ne compte pas se laisser faire. Le Français a annoncé ce jeudi qu’il remontait sa participation de 37% à 43,1% du capital du groupe.

Il faut dire que Casino a investi plusieurs milliards d'euros depuis 1997 dans GPA, détenu par l’homme d’affaires Abilio Diniz.

Selon les termes de leur contrat, le groupe français dispose d'une option pour prendre le contrôle du Brésilien en juin 2012 ainsi qu’un un droit de veto sur toute opération structurante. Le groupe pourrait donc rejeter le projet de fusion avec Carrefour.

Opportunité pour le Brésil

Pour l’instant, le projet de fusion de Carrefour semble cependant avoir le plus de chances d’aboutir. Car Gama bénéficierait de l’appui financier de la banque publique BNDES.

Un soutien qui témoigne des efforts du gouvernement, depuis la présidence de Lula, pour faire émerger des champions nationaux et des multinationales brésiliennes dans les secteurs stratégiques tels que l'agroalimentaire, les télécoms et la distribution.

 «L'accord (avec Carrefour), s'il est mis en oeuvre, est formidablement stratégique pour le Brésil», a ainsi déclaré mercredi au Parlement le ministre brésilien de l'Industrie et du Commerce Fernando Pimentel.

Perspectives de croissance

Cette guerre entre les deux groupes tricolores illustre bien les enjeux de la grande distribution au Brésil. Le pays est devenu le troisième marché mondial en termes de dépenses alimentaires, derrière la Chine et les Etats-Unis.

Alors que les deux enseignes françaises peinent à grappiller des parts de marché dans l’Hexagone, le Brésil représente ainsi un important relais de croissance.

Le pays est déjà le deuxième marché pour Carrefour, derrière la France, avec près de 12,3% des ventes totales du groupe. Quant à Casino, il y réalise près d’un tiers de son chiffre d‘affaires à l'international.