Les banques allemandes font une ébauche de geste envers la Grèce

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Les principales banques allemandes ont fait jeudi l'ébauche d'un geste envers la Grèce, s'engageant à prolonger une partie de leurs crédits d'ici 2014 selon des modalités encore à définir, a annoncé le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

L'accord préliminaire trouvé entre les banques et le ministère allemand des Finances verra les banques privées prolonger "dans la mesure des possibilités économiques et juridiques" tout ou partie des créances qu'elles détiennent sur la Grèce d'ici 2014, selon un document distribué par les représentants de la finance allemande jeudi.

M. Schäuble a fait part de sa "gratitude" envers les banques, tout en reconnaissant que le plan proposé n'était qu'une ébauche, lors d'une conférence de presse commune avec le patron de la première banque allemande Deutsche Bank Josef Ackermann.

D'autres discussions d'ici dimanche doivent fixer les montants réels que les banques vont réinvestir dans de la dette grecque.

Les investisseurs privés allemands ont en portefeuille un total de 10 milliards d'euros d'obligations souveraines grecques, dont la majorité sont des engagements à long terme. Seuls 2 milliards d'euros expirent d'ici 2014.

Les sociétés de défaisance qui gèrent des actifs toxiques hérités de la crise financière, les "bad banks", sont elles exposées à hauteur de 1,2 milliard d'euros à des titres de maturité d'ici 2014.

Au total, si tous les établissements jouent le jeu et réinvestissent automatiquement la totalité des fonds qu'ils percevront quand leurs obligations arriveront à échéance, ce seraient donc 3,2 milliards d'euros dont le secteur privé allemand soulagerait Athènes. L'endettement de la Grèce s'élevait à 350 milliards d'euros fin mai.

Le gouvernement allemand insiste depuis des semaines pour que toute nouvelle aide à la Grèce soit conditionnée à une participation du secteur privé, que Berlin souhaitait "substantielle".

Une proposition française présentée en début de semaine verrait les institutions financières réinvestir 70% des remboursements d'Athènes. Ramené à l'exposition allemande de 3,2 milliards d'euros, cela signifierait un crédit supplémentaire de 2,24 milliards d'euros.

"Nous considérons la proposition française dans sa forme actuelle comme une base de travail", a déclaré M. Ackermann "et nous y intégrons des modifications". Il a refusé d'entrer dans les détails.

"Je suis confiant que nous trouverons une bonne solution d'ici dimanche", a-t-il ajouté.

M. Schäuble pour sa part a affirmé: "ce n'est pas le +comment+ qui est décisif, c'est le fait que cela se fasse".

Pour Berlin, une implication du secteur privé aidera à faire passer auprès de l'opinion publique la pilule d'une nouvelle aide à la Grèce.