La Grèce vote une deuxième fois en faveur de l'austérité

ÉCONOMIE 'est parti pour quatre années de rigueur...

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Des manifestants se tiennent devant le Parlement grec, le 26 juin 2011, à Athènes (Grèce).
Des manifestants se tiennent devant le Parlement grec, le 26 juin 2011, à Athènes (Grèce). — J.KOLESIDIS / REUTERS

Le Parlement grec a voté jeudi pour la deuxième fois en deux jours en faveur d'un plan qui va installer quatre ans d'austérité supplémentaire en Grèce en échange d'une aide financière internationale, sur fond de tension sociale et de violence urbaine.

Une majorité de 155 députés sur les 296 présents jeudi se sont prononcés en faveur du principe de la loi d'application du plan cadre draconien adopté mercredi qui propose de réaliser 28,4 milliards d'euros d'économies budgétaires en quatre ans, et d'engager pour 50 milliards de privatisations d'ici 2015. "La loi a été adoptée par la majorité" a indiqué le président de séance au Parlement. 136 députés ont voté contre et cinq ont voté blanc.

Crainte de contagion

L'adoption de ce deuxième texte en procédure d'urgence ouvre la voie à la poursuite du soutien financier de l'UE et du FMI à Athènes, levant au moins temporairement l'hypothèque d'un défaut de paiement immédiat susceptible de faire exploser la zone euro, à commencer par l'Espagne et l'Italie.

Mercredi, l'UE qui craint une contagion de la crise de la dette grecque à d'autres pays de la zone euro avait rapidement salué le vote obtenu par le gouvernement socialiste malgré les manifestations violentes qui se sont déroulées à Athènes. Des affrontements entre bandes de jeunes et police se sont poursuivis tard dans la nuit, transformant les rues de la capitale grecque en véritable champ de bataille.

"Je suis persuadé qu'il est possible de prendre la décision" de débloquer l'aide d'urgence nécessaire à la Grèce pour lui éviter une banqueroute immédiate, a indiqué jeudi le ministre belge des Finances Didier Reynders. Néanmoins, des incertitudes énormes demeurent concernant le paquet d'aide supplémentaire nécessaire à la Grèce pour couvrir ses besoins durant l'année 2012. "Nous ne prendrons peut-être pas de décision dimanche" sur ce plan a expliqué M. Reynders à Paris, avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro prévue dimanche.

Félicitations européennes

Après avoir reçu les félicitations européennes pour le passage de la première loi d'austérité mercredi, acquis de haute lutte au milieu des manifestations, le ministre grec des Finances Evangelos Vénéizélos a mis les pieds dans le plat des négociations jeudi matin. Il a indiqué que la Grèce allait encore devoir livrer un combat difficile pour garantir son sauvetage par l'UE. "Nous avons besoin d'un message clair sur la participation des banques privées" au nouveau plan de sauvetage sur lequel travaille la zone euro, a-t-il dit devant le Parlement en ouverture des débats.

Il a également demandé de "dépasser les obstacles dressés par certains pays membres, et pas les plus grands (...) comme la Finlande, qui veut des garanties au-delà de celles compatibles" pour Athènes avec les règles européennes. Jeudi, les rues d'Athènes restaient soumises à un asphyxiant bouclage policier, après les affrontements de la veille entre groupes de jeunes cagoulés et forces de l'ordre qui ont envoyé près de 200 personnes à l'hopital.

Sur la place centrale de Syntagma, l'air restait suffoquant en début d'après-midi, encore chargé des gaz irritants massivement utilisés par la police, et dont Amnesty International a dénoncé dans un communiqué un usage excessif. Dans le reste du continent, de Lisbonne à Londres en passant par Varsovie, les autres pays européens étaient également plongés jeudi dans la crise des dettes publiques qui menace l'existence même de la zone euro.

A Rome, le gouvernement de Silvio Berlusconi devait adopter un nouveau plan prévoyant environ 47 milliards d'euros d'économies d'ici 2014. Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho devait présenter au parlement un programme de rigueur pour 2011,