Crise de la dette: Même à prix sacrifiés, la Grèce peine à vendre ses biens

ÉCONOMIE es sessions de vente sont organisées sans convaincre les investisseurs...

T.S

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Un bateau et un employé dans le port du Pirée, près d'Athènes, le 29  juin 2010. Ce port pourrait être vendu pour désendetter le pays.
Un bateau et un employé dans le port du Pirée, près d'Athènes, le 29 juin 2010. Ce port pourrait être vendu pour désendetter le pays. — REUTERS/Yannis Behrakis

La rencontre a eu lieu dans un grand hôtel londonien, le Claridge, entre les représentants du Trésor grec et des investisseurs venus principalement d’Angleterre. Dans l’attaché-case des VRP hellènes, plus de 50 milliards d’euros de biens à vendre pour tenter de réduire la dette du pays.

Près de 39 aéroports, 850 ports, mais aussi des voies ferrées, autoroutes, stations d'épuration, un couple de sociétés d'énergie, des banques, des groupes de défense, des milliers d'hectares de terres, des casinos et les loteries nationales du pays. Le tout proposé dans une vente «fire sale», c’est à dire à prix sacrifiés.

Mais, comme le raconte le quotidien britannique The Guardian, les investisseurs n’ont pas été séduits par ce dispositif impressionnant. Selon le journal, l’un des investisseurs, pourtant déjà porteur de 3,5 milliards d’euros d’actifs dans le pays, a dénoncé le «manque de transparence», la «bureaucratie» et  la «corruption» pour expliquer son manque d’intérêt.

Débats houleux

Pour eux, il est impossible d’évaluer le risque que représente un  tel investissement. Si bien que, comme le reconnaît un autre investisseur, l’objectif fixé de vendre 15 milliards d’euros d’actifs en 2012 et 50 milliards en 2015 ne sera pas tenu.

La vente a provoqué des débats houleux dans la salle, que décrit le Guardian. Le secrétaire spécial chargé de la vente a ainsi été interpellé par l’un de ses compatriotes, l’accusant de détruire le pays. «Il ne sert à rien de pleurer sur le lait renversé», il faut être «fort et optimiste», lui a-t-il répondu.


Jeudi, le centre d'Athènes ressemblait encore à un champ de bataille, après des heures d'affrontements entre police et quelques centaines de manifestants qui protestaient contre le vote au parlement d'un nouveau plan d'austérité.