L'Italie va introduire une taxe sur les transactions financières

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Le gouvernement italien doit approuver jeudi l'instauration d'une taxe de 0,15% sur les transactions financières dans le cadre de son nouveau plan d'austérité, a-t-on appris de source gouvernementale.

Une taxe de ce type a existé par le passé en Italie mais elle avait été définitivement supprimée en 2007, selon le quotidien Il Sole 24 Ore. Cette mesure, qui permettra de dégager de nouvelles recettes afin de réduire le déficit italien, s'inscrit dans le cadre de la volonté européenne d'instaurer une telle taxe, a noté la source gouvernementale. La Commission européenne a décidé mercredi de proposer l'introduction d'une taxe sur les transactions financières afin d'alimenter le futur budget de l'UE.

L'instauration de cette taxe est vivement critiquée par les milieux financiers italiens. "Dans un marché global comme le marché financier, toute augmentation des coûts dérivant d'une mesure en vigueur que sur un seul territoire national aurait l'effet d'amener les investisseurs à opérer sur les marchés étrangers ou via des intermédiaires étrangers", a dénoncé Michele Calzolari, président d'Assosim, association des intermédiaires financiers, cité dans Il Sole.

Note abaissée?

Le gouvernement italien, qui se réunit à partir de 13H00 GMT pour adopter son plan d'austérité, doit également approuver une hausse de la taxe sur les bénéfices tirés par les banques de leurs activités sur les marchés financiers, a ajouté cette source. Ces activités devraient être taxées à 35% alors qu'elles sont actuellement taxées, via deux impôts différents, à environ 31%.

Les titres de dette ne seraient pas concernées par cette mesure. La nouvelle cure d'austérité italienne d'un montant total d'environ 47 milliards d'euros, qui intervient après l'adoption l'an dernier d'un premier plan d'austérité de 25 milliards, doit permettre à Rome de parvenir à un quasi équilibre budgétaire en 2014 afin de rassurer les marchés financiers. La Péninsule, dont la dette représente environ 120% du PIB et est l'une des plus élevées du monde, est sous étroite surveillance des marchés et des agences de notation. L'agence Moody's a annoncé le 17 juin qu'elle envisageait d'abaisser sa notation, un mois après une décision semblable de Standard and Poor's.