Etude: L'enfer au travail, c'est les collègues

DISCRIMINATIONS Elles sont généralement très insidieuses...

Delphine Bancaud
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Pour 41 % des salariés, l'âge est le premier critère d'exclusion.
Pour 41 % des salariés, l'âge est le premier critère d'exclusion. — SIPA

Ils peuvent être confidents, mais aussi tortionnaires. Selon une étude de Cegos-Dauphine sur les pratiques de la diversité parue mardi, les collègues de travail sont les premiers acteurs des discriminations en entreprise pour un tiers des 1. 045 salariés interrogés.

Loin devant les managers, jugés responsables de ce type de comportement par 28% des sondés, et les membres de la direction générale par 15% des salariés. Une situation qu'explique aisément Jean-François Chanlat, professeur à l'université Dauphine. «Les formes actuelles d'organisation du travail accentuent la concurrence entre les salariés, qui ont davantage tendance à se dénigrer.» Les pratiques discriminatoires étant plus encadrées par la loi, elles prennent une forme plus insidieuse.

Si l'on en croit les salariés interrogés, dans un tiers des cas, elles passent désormais par de fausses rumeurs colportées à l'égard d'un collègue de travail. «Cette anonymisation de la discrimination met à l'abri le «bourreau», qui ne court pas de véritables risques juridiques», commente Annick Cohen-Haegel, consultante chez Cegos.

Age et apparence, le duo de tête
Autre surprise de l'enquête: selon les salariés, la discrimination ethnique n'est pas la plus répandue en entreprise. Pour 41% d'entre eux, c'est l'âge qui est le premier critère d'exclusion, suivi par l'apparence physique (pour 36%).

«Ce résultat rejoint d'autres études qui ont montré qu'un salarié ayant une surcharge pondérale avait deux fois moins de chances d'être recruté. A l'inverse, celui qui a un physique agréable est considéré comme plus sociable, plus apte à communiquer, voire plus performant», note Annick Cohen-Haegel. Une preuve supplémentaire de l'urgence qu'il y a pour les DRH à lutter contre les stéréotypes.