Hôtellerie de luxe: les nouveaux venus parisiens ont dopé le secteur

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Les deux hôtels de luxe ouverts à l'automne à Paris n'ont pas fait de tort aux palaces traditionnels de la capitale, mais au contraire, ont trouvé leur place sur un marché en forte croissance, en attirant une nouvelle clientèle asiatique.

L'ouverture en octobre, après plus de deux ans de travaux, du Raffles-Royal Monceau et celle du Shangri-La, en décembre ? "Les autres ne s'en sont pas aperçus", résume Philippe Gauguier, associé du cabinet Deloitte et spécialisé dans l'hôtellerie.

Le Mandarin Oriental, inauguré mardi en plein coeur de Paris entre la place Vendôme et le jardin des Tuileries, et le Majestic Peninsula attendu en 2012 près des Champs-Elysées, devraient également "s'inscrire dans le marché sans que les autres s'en aperçoivent", ajoute M. Gauguier.

Sur les quatre premiers mois de l'année, les établissements haut de gamme (4 et 5 étoiles) affichent une progression de plus de 12% de leur activité.

Les nouveaux entrants sur le marché parisien de l'hôtellerie de luxe, tous exploités par des chaînes asiatiques réputées, "créent eux-mêmes une nouvelle demande", attirant à Paris des clients asiatiques qui seraient descendus dans une de ces chaînes mais ailleurs dans le monde.

La taille des hôtels reste modeste, puisque le Shangri-La, par exemple, compte 120 chambres à Paris contre 500 en moyenne dans ses autres établissements.

Malgré cette nouvelle concurrence, au Plaza-Athénée et au Meurice (groupe Dorchester), l'activité "n'a jamais été aussi bonne", se réjouit François Delahaye, responsable des opérations pour les deux établissements.

Le Shangri-La et le Royal Monceau lui "ont sans doute pris des clients", qui ont changé d'hôtel "par curiosité", "mais ils sont revenus", assure-t-il.

D'autres établissements, comme Le Crillon ou le Ritz, qui, "de notoriété publique, ont besoin de travaux ont sans doute plus souffert", de cette concurrence flambant neuve, note un connaisseur.

Ces nouveaux hôtels ont "amené une vraie clientèle chinoise dans Paris", souligne M. Delahaye. Il note également que le Raffles-Royal Monceau et le Mandarin Oriental "apportent une véritable différence", celle du "luxe sans l'aspect patrimonial" car ils ont une décoration moderne alors que ceux existants ont tous "une déco époque Régence, Louis XV, Louis XVI".

Pour le Mandarin Oriental, seule la façade année 30 classée a été conservée. A l'intérieur tout a été reconstruit en gardant "une inspiration Art Déco" sous la houlette de l'architecte Jean-Michel Wilmotte et de l'architecte d'intérieur Sybille de Margerie.

L'établissement se veut également "imprégné de l'essence du parisianisme", avec des références à la mode et à ses voisins que sont l'Opéra Garnier, le jardin des Tuileries ou le Louvre.

Et contrairement à ses deux prédécesseurs qui ont ouvert par étape, suites, spa, restaurant, le Mandarin Oriental a choisi d'ouvrir le même jour la quasi-totalité des 99 chambres (40 m2 en moyenne) et 39 suites, insiste Philippe Leboeuf, son directeur général. Y compris le restaurant Sur Mesure, dirigé par le chef médiatique Thierry Marx.

"Les réservations se portent bien", assure M. Leboeuf. "Bien que les clients n'aient pas encore vu l'hôtel, il n'y a pas de résistance sur les prix, ce qui nous permet d'arriver à un prix moyen de 950 euros la nuit, exactement la cible qu'on s'était fixée".

Il ne pourra pas avoir le label Palace avant plusieurs mois, puisqu'il faut au moins 12 mois d'exploitation pour pouvoir postuler à cette distinction suprême.