Une croissance en dents de scie pour 2011

ECONOMIE L'Insee conforte les prévisions du gouvernement mais s'attend à un ralentissement au deuxième trimestre...

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Un chantier de construction à Marseille le 7 juin 2011.
Un chantier de construction à Marseille le 7 juin 2011. — POCHARD PASCAL/SIPA

La croissance française devrait subir un coup de frein au deuxième trimestre avant de rebondir et d'atteindre 2,1% durant l'année, soit un peu plus que l'objectif du gouvernement, selon les nouvelles prévisions de l'Insee publiés jeudi.

Ralentissement de la croissance

Après un premier trimestre très dynamique au cours duquel le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 1%, l'économie française devrait marquer le pas, estime l'Institut national de la statistique dans ses premières prévisions pour l'ensemble de l'année 2011.

Comme dans les autres économies avancées, la France subirait de plein fouet plusieurs chocs, comme la hausse des prix des matières premières, les conséquences du séisme au Japon, ou des politiques économiques plus restrictives.

Ces chocs seront toutefois «temporaires», a affirmé Sandrine Duchêne, chef du département de la conjoncture de l'Insee. Et les facteurs de ralentissement devraient s'estomper au second semestre.

Après une croissance prévue de seulement 0,2% au deuxième trimestre, l'activité devrait ensuire rebondir, avec une hausse du PIB attendue de 0,5% durant les deux derniers trimestres de l'année. Dans l'ensemble de 2011, la croissance atteindrait 2,1%, soit un peu plus que la prévision officielle du gouvernement (2%).

Moyenne de la zone euro

Cette performance est conforme à la moyenne de la zone euro. Comme toujours, l'Allemagne restera la locomotive de la région, l'Insee prévoyant une croissance de 3,7% pour ce pays en 2011. A l'inverse, l'Espagne (+0,7%) et l'Italie (+0,8%) seront à la traîne.

Au cours de la période, le marché du travail devrait continuer de s'améliorer en France, l'emploi total progressant plus fortement qu'en à 2010. Le taux de chômage, qui s'est établi à 9,2% de la population active au premier trimestre, se replierait légèrement d'ici la fin de l'année à 9%.

La consommation des ménages, encore soutenue au premier trimestre par un "effet de traîne" de la prime à la casse, lié aux délais de livraisons des véhicules commandés fin 2010, se replierait nettement au deuxième trimestre, par "contrecoup". Elle rebondirait ensuite au second semestre, à un rythme toutefois un peu inférieur à celui d'avant la crise, selon l'Insee.

Consommation des ménages

Traditionnel moteur de la croissance française, la consommation progresserait de 1,2% durant l'année, après une hausse de 1,3% en 2010. L'investissement des entreprises resterait dynamique tandis que le commerce extérieur aurait un impact globalement neutre sur la croissance.

Le revenu des ménages serait soutenu par la progression de l'emploi et des salaires nominaux. La décision de verser une prime aux salariés dans les entreprises distribuant des dividendes devrait contribuer à cette hausse, selon l'Insee.

Mais cette accélération sera partiellement rognée par la poursuite de l'inflation attendue. Pour l'Insee, la hausse des prix alimentaires, déjà sensible depuis mars, devrait en effet se poursuivre jusqu'en décembre.

En moyenne, l'inflation devrait être de 2,2% dans l'ensemble de cette année, un niveau supérieur à la prévision de 1,8% faite par le gouvernement.

Epargne

Ainsi, le revenu disponible des ménages, qui devrait accélérer en 2011 (+3,3% après +2,0%), serait contreblancé par ce regain d'inflation. Au total, le pouvoir d'achat des ménages progresserait seulement légèrement plus vite en 2011 qu'en 2010 (+1% après +0,8%).

Une faiblesse plus prononcée que prévu de l'économie américaine ou l'accentuation des tensions sur les dettes souveraines pourraient toutefois noircir le tableau d'ensemble, prévient l'Insee.

A l'inverse, si les ménages français décidaient de moins épargner cette année, cela profiterait un peu à la consommation, donc à la croissance.