G20 agricole: les ministres obtiennent un accord qualifié d'historique

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Les vingt économies les plus puissantes de la planète ont trouvé jeudi à Paris un accord qualifié d'"historique" par la France sur un plan d'action pour lutter contre la volatilité des prix agricoles.

"Aujourd'hui est un grand jour, nous sommes parvenus à un accord historique", s'est félicité le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, dont le pays préside le G20.

L'organisation non gouvernementale ONE, fondée par le chanteur Bono, a toutefois dénoncé "un accord à minima" tandis que pour l'assocation Attac, le "G20 accouche d'une souris".

Le commissaire européen chargé de l'Agriculture, Dacian Ciolos, a refusé de trancher, jugeant à la fois l'accord "historique" dans son principe même, mais "a minima" sur plusieurs points.

Sur bien des sujets, les avancées sont réelles, s'est défendu M. Le Maire, pour qui cette réunion du G20, la première ayant rassemblé des ministres de l'Agriculture, devait adopter un accord ambitieux, sans "demi-mesures".

Il a ainsi cité le "Forum de réaction rapide", destiné à "agir rapidement afin de prévenir ou d'atténuer les crises mondiales des prix alimentaires", selon le texte adopté jeudi. Véritable "Conseil de sécurité agricole", il doit en principe éviter que se renouvelle une flambée des prix du blé, comme cela s'était produit lorsque la Russie avait unilatéralement interrompu l'an dernier ses exportations en raison de la sécheresse, a expliqué M. Le Maire.

La France avait proposé un plan d'action, fondé sur cinq "piliers": réinvestir dans l'agriculture mondiale pour "produire plu et mieux", accroître la transparence des marchés, améliorer la coordination internationale pour prévenir et gérer les crises, développer des outils de gestion du risque lié à la volatilité des prix agricoles et réguler les marchés de dérivés de matières premières agricoles.

Ces derniers mois, les cours des céréales se sont encore envolés sur les marchés mondiaux. Quelque 900 millions de personnes souffrent aujourd'hui de malnutrition.

Les ministres ont ainsi décidé d'augmenter la production agricole mondiale, par exemple en cherchant à améliorer la productivité en ce qui concerne le blé, selon la déclaration finale. "Pour nourrir une population mondiale qui devrait dépasser neuf milliards d'habitants en 2050, la production agricole devra augmenter de 70% d'ici là", ajoute ce texte.

Mais pour Attac, "il s'agit ainsi de favoriser les intérêts de l'agro-industrie et des multinationales d'OGM au détriment de l'autonomie des paysans".

Sur la transparence des stocks agricoles, dont l'Inde et la Chine se méfiaient, considérant ces informations comme stratégiques, le G20 va mettre en place un système d'informations sur les marchés, baptisé AMIS.

Cette base de données vise "à encourager" les pays à "partager leurs données" et à améliorer les systèmes d'information existant" sans toutefois prévoir de mesure coercitive. Mais, des "ministres responsables" ont signé cet accord, et il n'y a donc pas lieu de mettre en doute leur engagement, a assuré devant la presse le directeur-général de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), Jacques Diouf.

Mercredi soir, le président français Nicolas Sarkozy avait défendu une plus grande régulation des marchés agricoles, un des chevaux de bataille de la présidence française du G20.

"Un marché qui n'est pas régulé n'est pas un marché mais une loterie où la fortune sourit aux plus cyniques", avait-il jugé.

Les organisations non gouvernementales ont de leur côté réservé un accueil mitigé au chapitre de l'accord faisant référence aux biocarburants (éthanol et biodiesel), souvent accusés d'avoir contribué à la hausse des prix de certains produits agricoles, comme le maïs ou la canne à sucre. ONE a salué le "maintien dans la déclaration finale" de cette question, tandis qu'Oxfam s'est dit déçue.