Abaissement du seuil d'imposition, taxes augmentées: Athènes détaille son tour de vis fiscal

CRISE Alors que les créanciers européens maintiennent la pression...

© 2011 AFP

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Le ministre des Finances grec, Evangelos Venizelos, lors d'une conférence de presse à Athènes, le 23 juin 2011.
Le ministre des Finances grec, Evangelos Venizelos, lors d'une conférence de presse à Athènes, le 23 juin 2011. — no credit

Le ministre grec des Finances a détaillé ce jeudi le tour de vis fiscal prévu en Grèce, notamment un très impopulaire abaissement du seuil d'imposition, tandis que les créanciers du pays maintenaient la pression pour que le plan d'austérité 2012-2015 soit voté avant le 30 juin.

Le gouvernement a notamment décidé un abaissement à 8.000 euros de revenus par an du seuil d'imposition au lieu de 12.000 jusqu'à présent, a annoncé le nouveau ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, lors d'une conférence de presse. Cette mesure doit participer, à la demande des bailleurs de fonds du pays, à la recherche d'économies «d'un montant de 5,5 milliards d'euros, sur un total de 28,4 milliards» prévus d'ici 2015 par le plan pluri-annuel d'austérité, a-t-il ajouté.

Aval de la troïka

Selon une source officielle, ces mesures ont reçu l'aval de la troïka, la délégation tripartite (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international) dont des représentants passent au crible depuis lundi à Athènes les derniers détails du plan d'austérité grec approuvé mercredi en conseil des ministres. L'abaissement du seuil d'imposition n'épargnera que les jeunes de moins de 30 ans, les retraités de plus de 65 ans au revenu annuel inférieur à 12.000 euros par an, et les handicapés.

Les taxes seront aussi augmentées sur le fuel de chauffage, plus lourdement pour les entreprises, tandis qu'une taxe exceptionnelle de solidarité de 1 à 5% frappera les revenus de plus de 12.000 euros annuels. Les professions libérales et auto-entrepreneurs seront en outre astreints à une taxe professionnelle «en moyenne de 300 euros par an». Le ministre a reconnu que ces mesures allaient exercer «une forte pression surtout sur les classes moyennes qui devront soulever un poids très lourd» et étaient «susceptibles d'avoir un effet négatif sur la croissance».

Le texte déposé lundi au parlement

Evangélos Vénizélos a indiqué que le texte incluant ces mesures, et comprenant également un plan de privatisation, sera déposé lundi au parlement, en vue d'un vote jeudi 30, comme le pays s'y est engagé auprès de ses créanciers. «Nous devons prouver notre crédibilité et prouver que nous tenons nos engagements», a-t-il insisté, alors que l'eurozone a conditionné à cette échéance la poursuite de la protection du pays contre la menace d'un défaut.

Dans le même temps, plusieurs responsables européens réunis à Bruxelles, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont maintenu les pressions pour qu'Athènes adopte ce plan avant la fin du mois si elle veut obtenir une nouvelle aide financière internationale, qui devrait comprendre 80 milliards d'euros de prêts, selon la Belgique, permettant au pays d'échapper à la faillite. «La priorité c'est que la Grèce s'aide elle-même, afin que les autres Européens puissent lui venir en aide», a lancé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

«Cela a marché en Irlande et au Portugal, pourquoi ça ne marcherait pas en Grèce?»

Il a appelé l'opposition de droite en Grèce à soutenir le plan d'austérité du gouvernement socialiste. «Cela a marché en Irlande et au Portugal, pourquoi ça ne marcherait pas en Grèce?», s'est-il interrogé. Mais le chef de file de l'opposition, Antonis Samara, a refusé à nouveau à Bruxelles, critiquant les hausses d'impôts prévues qui vont à ses yeux aggraver la récession. «Cela pose des problèmes évidents», a-t-il dit.

Selon le calendrier, mis au point par le parlement grec, et rendu public jeudi, le plan d'austérité doit être voté mercredi 29 et sa loi d'application le lendemain, jeudi 30. Dans le même temps, les syndicats grecs ont appelé à 48H de grève générale mardi et mercredi, lors du vote de ces textes, tandis que le mouvement des Indignés prévoit de poursuivre les rassemblements contre les mesures.