Bourget: le compteur de commandes s'affole pour Airbus

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L'avionneur européen Airbus a frappé fort mercredi au salon du Bourget en scellant la plus importante vente d'avions de l'histoire en nombre d'appareils, 180 moyen-courriers à l'indien IndiGo, qui lui vaut d'afficher 347 commandes fermes en trois jours.

En incluant les protocoles d'accord, Airbus peut se targuer d'avoir vendu 580 appareils pour un prix catalogue de plus de 59 milliards de dollars, alors qu'il n'avait fait que 59 ventes fermes lors de la précédente édition de cette grand-messe aéronautique mondiale en 2009.

"Je pense qu'en nombre d'avions ce sera le meilleur (salon) jamais réalisé", a dit à l'AFP Louis Gallois président d'EADS, maison mère d'Airbus.

La compagnie indienne à bas coûts IndiGo a signé mercredi une commande ferme pour 150 Airbus A320 Neo et 30 A320, confirmant un accord précédent qui constitue le plus gros contrat de l'aviation civile en nombre d'avions, pour un prix catalogue de plus de 15 milliards de dollars.

La chilienne LAN a pris commande ferme pour 20 avions A320 Neo, que l'avionneur européen vend comme des petits pains au salon.

Republic, maison mère de la compagnie américaine Frontier Airlines, a signé un protocole d'accord pour 80 avions de cette famille d'avions remotorisés et moins gourmands en carburant.

La compagnie latino-américaine AviancaTaca a fait de même pour 51 A320, dont 33 A320 Neo.

Le loueur d'avions koweïtien Alafco a signé un accord pour six futurs long-courriers Airbus A350, et un autre pour 30 A320 Neo.

Selon une source proche du dossier, l'avionneur européen espère également vendre 50 A320 Neo de plus à Qatar Airways, qui pourrait aussi acheter 5 A380, le plus gros avion de ligne en service au monde.

En face, Boeing affiche un score beaucoup plus modeste: 126 commandes, dont 61 fermes. Le constructeur de Seattle a signé mercredi un protocole d'accord pour vendre 40 moyen-courriers B737 à la compagnie russe UTair Aviation pour un prix catalogue de 3,2 milliards de dollars.

Le fossé entre les deux géants n'est toutefois pas significatif: contrairement à Airbus, Boeing annonce généralement ses commandes au fur et à mesure qu'il les reçoit, n'attendant pas spécialement les salons professionnels pour le faire, comme le fait Airbus.

En 2009, Airbus avait terminé cette année de crise avec 310 commandes contre 263 pour Boeing, alors que le salon s'était soldé par une "victoire" de l'européen, 59 commandes fermes contre une seulement à Boeing.

Depuis le début 2010, Airbus a enregistré sensiblement plus de commande, avec 451 commandes (97 nettes à fin mai, plus sept options d'A320 exercées par la compagnie philippine Cebu courant juin, plus les 347 du Bourget) contre 195 à Boeing (134 commandes nettes au 14 juin, plus 61 fermes au salon).

Airbus tire avant tout profit cette année du succès de l'A320 Neo, star commerciale du salon, même si le public, qui arrivera vendredi sur le tarmac de l'aéroport de la banlieue parisienne, devrait lui préférer d'autres appareils plus spectaculaires.

Le succès de cet avion auprès des professionnels en cette période de pétrole cher (plus de 330 commandes fermes depuis le début du salon), éclipse le Boeing 737, l'avion moyen-courrier le plus vendu au monde depuis son premier vol en 1967, qui s'est vendu à un peu plus de 100 exemplaires depuis le début de l'année.

Le très gros porteur A380 qui avait cassé un bout de son aile dimanche en arrivant au Bourget a été réparé mardi à Toulouse et est revenu mercredi matin pour parader dans le ciel dans l'après-midi.