Carrefour confie les pleins pouvoirs à Lars Olofsson

CONSOMMATION Le groupe traverse une période de turbulences...

E.M. avec Reuters
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Une enseigne Carrefour en avril 2011.
Une enseigne Carrefour en avril 2011. — SOLAL/SIPA

Carrefour a donné mardi les pleins pouvoirs à son directeur général, Lars Olofsson, lors d'une assemblée générale tendue, où salariés et petits actionnaires ont exprimé leur mécontentement face à la stratégie du groupe de distribution.

Scission de Dia

La scission de Dia, la filiale de hard-discount du distributeur, qui avait cristallisé l'opposition des syndicats, a été quant à elle approuvée sans difficulté.

«Je suis président du conseil depuis trois ans. Je vais proposer au conseil d'administration que soient réunies les fonctions de président et de directeur général», a simplement déclaré Amaury de Seze, président du conseil.

Lars Olofsson aura donc désormais les pleins pouvoirs pour mener à bien son plan de redressement, une décision diversement interprétée par les analystes financiers.

«Cela montre qu'il a le soutien de Blue Capital (le véhicule d'investissement de Groupe Arnault et de Colony Capital)», commente l'un d'entre eux, pour qui cette décision est aussi à double tranchant: «Lars Olofsson sera aussi le seul fusible en cas d'échec.»

Un autre analyste estime lui aussi qu'il s'agit là «d'un signe de confiance envers le directeur général», tout en soulignant qu'«Amaury de Seze était un président très controversé».

Plan de transformation

Le directeur général a défendu quant à lui son plan de transformation. «Je réaffirme ma détermination a éxécuter notre plan stratégique, malgré un environnement difficile», a déclaré Lars Olofsson, défendant son programme qui vise 4,5 milliards d'euros d'économies sur trois ans et la relance commerciale de la marque en Europe grâce à Carrefour Planet.

Il a cependant reconnu que la situation de Carrefour n'était pas satisfaisante, évoquant le changement de patron des opérations en France, les tensions sociales, la suspension du projet de cotation de Carrefour Property et la baisse du cours de Bourse.

«Je comprends les inquiétudes car Carrefour traverse une période de changement profond», a déclaré Lars Olofsson.

Aux abords du Caroussel du Louvre, quelque 700 salariés de Carrefour étaient venus manifester à l'appel des organisations syndicales pour exprimer leur opposition à la mise en Bourse de Dia et, d'une façon plus générale, à la stratégie et la gouvernance du groupe.