Stéphane Richard, PDG d'Orange: «Des box Internet dix fois plus rapides d'ici à trois ans»

INTERVIEW Alors que l'exposition gratuite «Hello Demain» sur les nouvelles technologies numériques ouvre jeudi à Paris...

Propos recueillis par Gilles Wallon

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Le PDG de France Telecom Stéphane Richard à Paris, le 24 février 2011.
Le PDG de France Telecom Stéphane Richard à Paris, le 24 février 2011. — MEIGNEUX/SIPA

La révolution numérique va-t-elle trop vite?

Tout s’est accéléré depuis deux ou trois ans avec les terminaux mobiles. Il y maintenant 5,3 milliards de smartphones et de tablettes connectées dans le monde, et on estime qu’il y en aura 7 milliards d’ici 2013. La France en est très friande, elle a été le premier pays après les Etats-Unis à adopter massivement l’iPhone. Pour conquérir 50 millions d’utilisateurs, la radio a mis 30 ans, la télévision a mis 13 ans, Facebook à peine deux ans. Et aujourd’hui ils ont 600 millions d’abonnés ! La révolution, elle est donc dans la vitesse de diffusion des outils. Mais il faut mieux accompagner les utilisateurs.

Comment les rassurer?

Les opérateurs doivent continuer de développer le «coaching», l’assistance, autour des nouveaux produits. Orange s’investit beaucoup dans ce domaine: nous mobilisons 400 salariés comme «coach numériques» pour l’exposition «Hello Demain» (une grande exposition gratuite sur les produits numériques de demain, du 23 au 26 juillet à la Villette à Paris, ndlr).
Ensuite, il faut améliorer la gestion des données personnelles sur les réseaux sociaux. Nous réfléchissons par exemple à un «garde du corps numérique», qui pourrait traquer toutes les informations indésirables pour mieux garantir le droit à la vie privée des utilisateurs. La vie privée, la protection des enfants, c’est un enjeu technologique majeur. De même que les dépenses : Comment vérifier ce que peut faire un enfant avec son portable ? Il faut réfléchir à des réponses nouvelles.

Les produits numériques sont-ils trop chers?

Honnêtement, le prix n’est plus vraiment un obstacle aujourd’hui. Les smartphones sont devenus beaucoup plus accessibles, et nous allons bientôt proposer une gamme autour de 100 euros sans abonnement.

Quelles seront les innovations de demain?

Les «communications sans contacts» vont se développer très vite. D’ici 5 ans, les smartphones devraient pouvoir remplacer les cartes de transports ou les cartes bancaires, ou les badges pour rentrer au bureau. Pour résumer, beaucoup des circuits parfois compliqués seront simplifiés, voire dématérialisés. A la maison, la révolution sera celle du débit. D’ici trois ans, les box internet seront dix fois plus rapides. Elles permettront des usages multiécrans : par exemple, 3 personnes qui regardent trois programmes télévisés différents dans la même maison. Et les programmes de télé 3D devraient décoller.