Areva: Ce qui attend Luc Oursel

ENERGIE L'ancien directeur général délégué du groupe prend la place d'Anne Lauvergeon à la tête du groupe public...

E.M.

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L'usine Eurodif d'enrichissement d'uranium d'Areva dans la Drôme en avril 2009.
L'usine Eurodif d'enrichissement d'uranium d'Areva dans la Drôme en avril 2009. — FOURMY MARIO/SIPA

Nicolas Sarkozy a décidé jeudi de remplacer Anne Lauvergeon à la tête d’Areva par le numéro 2 du groupe, Luc Oursel. Une décision contestée alors que le groupe nucléaire traverse une zone de turbulences.

20Minutes fait le point sur les gros chantiers qui attendent le nouveau patron.

L’après-Fukushima

L’accident nucléaire à Fukushima a mis à mal le développement du secteur dans le monde. L’Allemagne, l’Italie et la Suisse ont décidé de renoncer à cette énergie et plusieurs pays ont stoppé leurs chantiers.

Areva avait pourtant de grandes ambitions pour exporter ses centrales à travers le monde. Luc Oursel va donc devoir gérer cette crise de confiance dans l’atome et rassurer sur la sécurité et la pertinence de cette énergie.

Dans un entretien cette semaine au journal Les Echos, Anne Lauvergeon avait cependant expliqué qu’elle ne croyait pas à «un hiver nucléaire» mais à «la fin du nucléaire low cost, low safety qu'on nous vantait il y a encore peu de temps».  

L’EPR finlandais

Areva n’arrive pas à sortir de son bourbier finlandais. Le réacteur EPR nouvelle génération d'Olkiluoto doit être opérationnel en 2012, avec trois ans de retard. Et la facture a augmenté de près de trois milliards d’euros.

Cette situation plombe les finances du groupe et représente une très mauvaise publicité pour ce réacteur qu’Areva souhaite exporter à travers le monde.

Les relations avec EDF

Anne Lauvergeon aurait notamment été remerciée en raison des ses relations tendues avec le patron d’EDF, Henri Proglio. Elle refusait que le groupe d’électricité devienne le chef de la filière nucléaire en France, comme le souhaite pourtant Nicolas Sarkozy.

Luc Oursel va donc devoir pacifier les relations entre deux entreprises qui travaillent ensemble sur de nombreux secteurs de l’activité, de la construction de centrales à l'approvisionnement en uranium.

Le chef de l’Etat compte aussi sur une meilleure entente pour favoriser les exportations et éviter le fiasco des Emirats arabes unis. Fin 2009, un consortium français emmené par EDF, Areva, GDF Suez et Total avait perdu un contrat pour la construction de quatre centrales nucléaires dans le pays.