«Gérer une PME est un sacerdoce aujourd’hui»

TÉMOIGNAGES lors que François Fillon a annoncé plusieurs mesures en faveur de ce secteur en crise jeudi matin, des entrepreneurs évoquent leurs difficultés…

T.S
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Un employé dans une entreprise de moins de 50 salariés
Un employé dans une entreprise de moins de 50 salariés — MEIGNEUX/SIPA

Venir en aide à un secteur qui peine à voir la sortie de crise. C’était l’objectif de François Fillon, le Premier ministre, qui a multiplié les promesses lors de son discours au salon Planète PME à Paris devant plusieurs centaines d’entrepreneurs.

Des entrepreneurs qui s’estiment trop peu écoutés. «On parle peu de nous mais nous représentons 80% des entreprises françaises. Nous sommes le maillage économique du pays», revendique Didier Renaud, l’un des responsables de la  CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) de Seine-Saint-Denis. «Pourtant, aujourd’hui, il est très difficile de gérer une petite entreprise, c’est un véritable sacerdoce», dénonce l’entrepreneur.

Trop d’interlocuteurs

«Les gouvernements successifs ont mis en place beaucoup de dispositifs différents pour les petites entreprises. Mais, aujourd’hui, nous avons trop d’interlocuteurs, il est difficile de se repérer», regrette Thierry, dirigeant d’une entreprise de la restauration dans l’Oise.

«Quand j’ai créé mon entreprise, j’ai dû attendre plusieurs mois avant que mes statuts administratifs soit bouclés et validés», se souvient Muriel Morel, qui dirige une entreprise de formation. «C’est une perte de temps phénoménale. On a souvent l’impression que les personnes qui  gèrent nos dossiers ne connaissent pas vraiment le monde de l’entreprise», ajoute-t-elle. Pour Thierry, «l’idée de la prime en cas de dividende, qui est arrivée comme un cheveux sur la soupe, est une bonne illustration des décisions prises sans notre avis».

Besoin d’accompagnement

Sont-ils séduits par les propositions de François Fillon, notamment la reconduction jusqu'en 2020 de France Investissement, une structure de financement des PME «dynamiques»?

«Ce n’est pas d’argent que nous avons besoin mais d’accompagnement», rétorque Didier Renaud. «Il ne faut pas seulement encourager la création d’entreprises innovantes, il faut aussi aider les autres, qui sont aussi utiles, à se maintenir pour ne pas fermer leurs portes», complète Muriel Morel. A la fin de son discours, François Fillon a toutefois promis des mesures «concrètes» dans ce sens «dans une proposition de loi que déposera cet été Jean-Luc Warsmann, le président de la commission des lois de l'Assemble nationale».