Areva: Anne Lauvergeon défend le nucléaire français

ENERGIE Il n'est pas question pour elle que la France renonce à cette énergie...

E.M.

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L'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une interview à Paris en mai 2011.
L'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une interview à Paris en mai 2011. — GILLES BASSIGNAC/JDD/SIPA

Après l’accident à la centrale japonaise de Fukushima, le secteur du nucléaire est en crise. Plusieurs pays, de l’Allemagne à la Suisse, ont décidé de renoncer de cette énergie.

Mais pour la présidente du directoire d’Areva,  Anne Lauvergeon, il n’est pas question d’abandonner le nucléaire en France, a-t-elle expliqué dans un entretien publié mercredi par Les Echos.

400.000 emplois directs

Tout d’abord car le secteur représente près de 400.000 emplois directs et près de 2% du PIB, selon des chiffres rendus publics mardi par le cabinet PricewaterHouseCoopers.

«C’est le troisième employeur derrière l'automobile et l'aéronautique et un poste d'exportation significatif. Imaginez notre déficit commercial sans le nucléaire!», a-t-elle constaté.  

Davantage de sécurité

Anne Lauvergeon ne croit pas en outre à un «hiver nucléaire» mais à «la fin du nucléaire low cost, low safety qu'on nous vantait il y a encore peu de temps».  

Elle reconnaît cependant que «nous allons devoir reconstruire la confiance». Et pour ce faire, elle appelle à «plus de sûreté et de sécurité», notamment grâce aux audits actuellement en cours dans de nombreux pays.

Deuxième mandat

La patronne d’Areva  ne craint pas non plus les conséquences pour son groupe des décisions de plusieurs pays d’abandonner cette énergie.

«Des pays plus grands que l'Allemagne comme la Chine ou les Etats-Unis ont confirmé leurs programmes nucléaires, de la même manière que l'Afrique du Sud, l'Inde, la Grande-Bretagne», a-t-elle rappelé.

Anne Lauvergeon a également réaffirmé sa volonté de briguer un nouveau mandat à la tête d’Areva, le sien arrivant à échéance à la fin du mois de juin. «Je crois avoir montré que j'étais attachée au développement d'un nucléaire qui répond aux plus hauts standards de sûreté, de sécurité et de transparence», a-t-elle affirmé.