FMI: Agustin Carstens défie Lagarde et les Européens

ECONOMIE Il se positionne comme le candidat des pays émergents...

Elsa Meyer
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Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale du Mexique, le6 juin 2011 lors d'une interview à Mexico City sur sa candidature pour prendre la tête du FMI.
Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale du Mexique, le6 juin 2011 lors d'une interview à Mexico City sur sa candidature pour prendre la tête du FMI. — Alexandre Meneghini/AP/SIPA

Pour beaucoup, les jeux sont faits: Christine Lagarde sera la nouvelle directrice du FMI. La ministre de l’Economie doit cependant compter avec un concurrent de poids, le Mexicain Agustin Carstens.

Les 24 administrateurs du Fonds vont se décider d’ici au 30 juin sur le nom du successeur de Dominique Strauss-Kahn. «Nous avons clairement deux candidats remarquables», a déclaré à l’AFP Domenico Lombardi, professeur d'économie et ancien conseiller du FMI.

Expérience d’Augstin Carstens

Et à 52 ans, l’expérience d’Agustin Carstens parle pour lui. Actuel gouverneur de la Banque centrale du Mexique, il a été pendant près de trois ans (2006-2009) ministre des Finances. En 2003, alors que Christine Lagarde était encore avocate, il a également occupé le poste de directeur général adjoint du FMI, soit le numéro trois de l’institution.

Mais Agustin Carstens se positionne surtout comme le candidat légitime des pays émergents, l’une des clés de cette nomination. Après la démission de DSK, plusieurs voix se sont élevées pour demander que le nouveau directeur du FMI ne soit pas un Européen, comme cela est la tradition.  

Candidat des pays émergents

Le gouverneur de la Banque centrale du Mexique a déjà rallié à sa candidature la plupart des pays d’Amérique latine.

Comme sa rivale, il multiple maintenant les déplacements pour emporter le vote des grandes économies émergentes que sont les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Avec 12% des voix au FMI, ils pourraient faire pencher la balance s’ils adoptent une positon commune en sa faveur.  

Crise de la zone euro

L’Union européenne, qui détient un tiers des votes, fait bloc de son côté derrière Christine Lagarde. Avec un argument: la crise de la zone euro nécessite qu’un Européen soit encore une fois à la tête du Fonds.

Pour Agustin Carstens , il pourrait toutefois y avoir un conflit d’intérêt . Et il met en avant sa plus grande objectivité dans le dossier.

«Si je devais être élu, je mobiliserais toutes les ressources pour aider l'Europe», a-t-il affirmé ce week-end au quotidien allemand Die Welt. Mais il assure pouvoir apporter «un regard extérieur» car il ne voit pas cette crise à travers «des lorgnettes européennes».

Chances très minces

Agustin Carstens n’est cependant guère optimiste. «Les chances pour Christine Lagarde de se faire élire sont très élevées», a-t-il reconnu lundi lors d'une conférence à Washington.

Le soutien de l’UE et la crise de la dette en zone euro compliquent «les choses. Je ne me fais pas d'illusions. C'est comme commencer un match de football en étant mené 5-0».