PSA: Pourquoi l'avenir des usines en France est incertain

AUTOMOBILE La direction dément un projet de fermeture à court terme...

Elsa Meyer

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Des voitures neuves sur le site PSA d'Aulnay-sous-Bois en juin 2009.
Des voitures neuves sur le site PSA d'Aulnay-sous-Bois en juin 2009. — SOLAL/SIPA

La CGT a dévoilé jeudi un document interne à PSA qui prévoit la fermeture des usines d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de Sevelnord (Nord) d’ici à 2014. Plus de 6.200 emplois seraient menacés.

La direction a fermement démenti de tels projets. Mais rien n’y fait, le syndicat s’inquiète de l’avenir de ces sites en France. 20Minutes fait le point sur l’affaire

PSA veut-il fermer les usines d’Aulnay et Sevlnord?

Dans un entretien vendredi au Parisien, le patron de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a assuré que la fermeture des deux sites n’était pas d’actualités. Il explique que le document révélé par la CGT a été réalisé au moment de la crise et date de l’année dernière. 

«Notre responsabilité est de réfléchir à tous les scénarios possibles. Ce document pose un certain nombre de questions. Depuis, certaines réponses proposées sont devenues caduques», a-t-il expliqué.

Pour PSA, la fermeture du site d’Aulnay est d’autant plus inenvisageable à court terme que l’usine produit la nouvelle Citroën C3, lancée en octobre 2009. Et il s’agit du véhicule le plus vendu de la gamme avec près de 310.000 ventes en 2010.

Pourquoi la CGT reste inquiète?

Philippe Varin a refusé de s'engager à long terme sur le sort des sites industriels d'Aulnay-sous-Bois et de Sevelnord. Et il a reconnu que la question des délocalisations se posait face au coût du travail en France.

Le concurrent de PSA, Renault, est d’ailleurs dans la même logique. L’année dernière, des informations publiées dans la presse avaient révélé que le constructeur réfléchissait à produire la Clio IV en Turquie et non dans l’usine de Flins (Yvelines).

Le gouvernement peut-il empêcher ces délocalisations?

Actionnaire de Renault à hauteur de 15%, l’Etat était monté au créneau pour obtenir du groupe qu’il ne délocalise pas une partie de sa production.  

Le gouvernement avait rappelé au secteur automobile qu’il bénéficiait depuis des années d’aides publiques importantes. Les constructeurs ont ainsi profité de la suppression de la taxe professionnelle mais surtout de la prime à la casse.

En pleine crise économique, PSA et Renault s’étaient même engagés à maintenir leur production en France en échange d’un prêt de l’Etat de trois milliards d’euros à chacun d’entre eux.

Mais cet argument est plus difficile à mettre en avant aujourd’hui car PSA et Renault ont intégralement remboursé ces prêts à la fin avril. Et avec les intérêts, l’Etat y a même gagné quelque 715 millions d'euros.