Energie: Les Français toujours très attachés à EDF et GDF Suez

ECONOMIE Les fournisseurs alternatifs ne séduisent que peu de foyers...

Elsa Meyer

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Un compteur à gaz et une facture en juin 2010.
Un compteur à gaz et une facture en juin 2010. — DURAND FLORENCE/SIPA

Déjà quatre ans que les marchés du gaz et de l’électricité se sont ouverts à la concurrence. Mais les fournisseurs alternatifs ont toujours du mal à convaincre les Français, attachés aux tarifs réglementés d’EDF et GDF Suez.

Offre de marché

Selon l’observatoire de la commission de régulation de l’énergie (CRE) pour le premier trimestre 2011 publié ce mercredi, un peu plus de 5% seulement des foyers ont choisi une offre de marché pour l’électricité et près de 8% pour le gaz.

Et la guerre des prix fait rage entre fournisseurs alternatifs et opérateurs historiques, qui proposent aussi ce type de contrats

>> Retrouvez l’interview de Caroline Keller, spécialiste de l’énergie à l’UFC-Que choisir par ici

D’après l’étude de la CRE, les factures d’électricité peuvent ainsi varier de 17% et même de 48% pour le gaz de cuisson. Ce sont EDF et GDF Suez qui possèdent les offres les plus chères.  

Une différence de prix qui a poussé 41.000 clients au premier trimestre 2011 (+2,6%) à se diriger vers un fournisseur alternatif d’électricité et 57.000 foyers pour le gaz (+ 4,3%).

Réversibilité des tarifs réglementés

Mais les concurrents d’EDF et GDF Suez comptent surtout sur la nouvelle donne réglementaire pour séduire les consommateurs.

«A l’ouverture du marché en 2007, les Français qui quittaient le tarif réglementé ne pouvaient plus y revenir. Nous déconseillions à l’époque de s’en séparer», explique à 20Minutes Caroline Keller, chargée de mission énergie et logement à l’UFC Que-Choisir.  

Depuis l’année dernière, il est cependant possible de jongler entre tarifs réglementés et offres de marché. «C’est donc beaucoup moins risqué de prendre un contrat chez les fournisseurs alternatifs», explique-t-elle.

Hausse des prix

Au 1er juillet prochain, la loi Nome doit également réorganiser le marché de l’électricité. EDF va céder un quart de sa production à ses concurrents. Pour financer ses investissements, le texte prévoit que les tarifs réglementés soient alignés sur ceux du prix de vente.

Un dispositif qui va mécaniquement entraîner une hausse des prix pour les particuliers qui pourrait permettre aux nouveaux entrants d’attirer des clients supplémentaires.

Mais pour Caroline Keller, les Français n’y trouveront pas leur compte. «L’ensemble des prix va augmenter et les fournisseurs alternatifs vont pouvoir rester un peu moins chers. En revanche, le consommateur va y perdre», analyse-t-elle.