Le FMI appelle le Japon à réduire sa dette pour maintenir la confiance

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Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé mercredi le Japon à réduire sa dette à moyen terme "pour maintenir la confiance" des marchés en ses finances publiques, conseillant aux autorités nippones d'augmenter la taxe sur la consommation.

"Le Japon a besoin d'une stratégie de moyen terme plus ambitieuse pour réduire sa dette publique et maintenir la confiance", a expliqué le Fonds à l'issue d'une visite de dix jours d'une délégation dans l'archipel.

Les pouvoirs publics de la troisième puissance économique mondiale sont endettés à hauteur de quelque 200% du produit intérieur brut (PIB), la proportion la plus élevée parmi les pays développés.

"Vu la faible marge de manoeuvre existant pour réduire les dépenses, la consolidation budgétaire doit s'appuyer sur une réforme fiscale globale, construite autour d'une hausse progressive de la taxe sur la consommation", a précisé le FMI.

La taxe sur la consommation est actuellement fixée à 5% au Japon. Un panel gouvernemental a présenté début juin un rapport invitant le pays à doubler progressivement cette taxe à 10% d'ici à 2015-2016, afin de compenser l'augmentation des charges de protection sociale.

Les responsables du FMI ont estimé de leur côté qu'un taux de 15%, atteint par étapes en plusieurs années, permettrait d'accomplir la moitié du chemin pour maintenir puis réduire la dette à un niveau tolérable.

"Le déficit ne peut continuer à grossir indéfiniment", a souligné le directeur général du FMI par intérim, John Lipsky, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

Il a souligné qu'"un effort de réduction de la dette permettra à terme d'encourager la croissance" du Japon.

La note de la dette à long terme du Japon reste cependant bien évaluée par les trois grandes agences de notation, Fitch lui attribuant "AA", la troisième meilleure sur un total de 22 échelons, Moody's "Aa2" (la 3e sur 19) et Standard & Poor's "AA-" (la 4e sur 22).

Cette appréciation tient au fait que 95% de la dette publique est détenue par des investisseurs japonais. Le Japon est en outre le deuxième plus important détenteur de devises étrangères au monde et affiche une balance des paiements structurellement excédentaire.

Pour autant, ces agences ont placé leur note sous "perspective négative", signifiant qu'elles pourraient abaisser leur appréciation à cause de l'important déficit public du gouvernement, dont 40% du budget est financé par l'émission de bons du Trésor.

Le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant qui ont dévasté le nord-est de l'archipel le 11 mars risquent de surcroît d'aggraver les difficultés budgétaires du pays, la facture directe de la catastrophe pour l'Etat étant estimée à l'équivalent de 2% du produit intérieur brut (PIB), sans compter les conséquences de l'accident nucléaire de Fukushima.